Depuis 10 ans,
Pierre Walfisz est directeur artistique du
Festival d’Amiens, musiques de jazz et d’ailleurs. Retour sur les motivations et difficultés à organiser un tel festival dans le contexte socio-économique difficile de
2010.
S’il fallait résumer en deux mots la musique vue par Pierre Walfisz, ce serait 'passion' et 'risque'. Passion car l’homme est intarissable lorsqu’il s’agit de musique. Et 'risque' parce que c’est comme cela qu’il la conçoit. C’est ainsi qu’il définit le jazz, une musique où la prise de risque est permanente et l’improvisation une seconde nature. Les musiciens que Pierre invite sont des artistes qui se laissent guider par leur intuition et qui n’ont pas peur… de la fausse note !
Mais organiser ce festival en période de crise demande un 'investissement' tout particulier. '40.000 euros de subventions de moins en 3 ans', il en faut du cœur pour continuer l’aventure. Le taux de remplissage des salles, Pierre s’en moque. Ce qui compte, c’est le ressenti du spectateur à la fin du concert.
La musique comme facteur de prise de conscience collectiveEt comme il le rappelle: 'L’ambiance sociale actuelle devrait être à l’insurrection, nous sommes dans l’inacceptable mais l’on ne bouge pas'. Du coup, le thème du festival s’est imposé comme une évidence: 'Utopie et musique'. Il n’y a pas de révolution qui n’ait d’hymne. Les musiciens sont souvent aux avant-postes des bouleversements sociétaux. En résulte un festival engagé et une réelle volonté d’ouvrir le public à de nouveaux horizons musicaux, voire à d’autres modes de pensée.
Pour ce faire, une vingtaine de concerts, des projections de films et une exposition seront proposées. De son côté, la Caravane du Festival, qui présente des concerts itinérants, repart sur les routes picardes à la rencontre du public.
On ne pourrait donc que conseiller aux mélomanes comme aux néophytes d’en profiter. Et il n’y a pas à hésiter… c’est sans risque !
Arnaud Liotard.
Photo: D.R.