La
vie professionnelle au féminin connaît ses propres facettes, déclinées selon l'activité et la situation personnelle. PicardieWeb présente le portrait de quelques femmes de notre région; elles nous confient le témoignage de leur parcours.
Isabelle Le Marquand, 36 ans, agent de sécurité à Amiens, raconte son itinéraire, ses joies et ses attentes…
PicardieWeb: Quel a été votre chemin avant d'exercer le métier qui vous occupe aujourd'hui ?
Isabelle Le Marquand: J'étais en Faculté de Droit au campus d'Amiens. En deuxième année, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a donnée envie de partager sa vie. Pour prendre un appartement commun, je suis entrée dans la vie active. J'ai commencé par travailler deux ans comme caissière, un univers dans lequel je ne me retrouvais pas vraiment après la faculté. J'ai ensuite pratiqué l'intérim: Télé-prospection, logistique, commis de cuisine… Toutes sortes de métiers. C'est vraiment par hasard que la fonction d'agent de sécurité est venue à moi. Le côté indépendant dans le travail m'attirait, et je n'avais aucune appréhension car j'avais pratiqué le judo et le karaté à l'adolescence.
PWeb: Quels sont les aspects de votre travail ?
Isabelle Le Marquand: Mon rôle est de surveiller les biens dans le domaine de l'industriel. C'est aussi la surveillance de magasins en civil, celle d'établissements bancaires, de parkings pendant les séminaires, ou de concerts avec 'palpations' à l'entrée.
PWeb: Parmi les agréments et les joies de votre profession, lesquels retenez-vous d'abord ?
Isabelle Le Marquand: L'indépendance, c'est ce que je souhaitais… Etre agent de sécurité laisse également de grandes plages de temps libre qui contrebalancent des sessions s'étalant parfois jusqu'à douze heures. L'été, c'est plutôt agréable, nous sommes généralement dehors pendant que beaucoup restent enfermés ! Et ce n'est pas très physique, sauf en cas d'intervention. Mais là encore, la diplomatie est beaucoup plus importante… Et puis je m'entends très bien avec mes collègues masculins. Ce n'est pas un milieu misogyne contrairement à ce que l'on croit.
PWeb: Quels sont les inconvénients et les difficultés inhérents à votre métier ?
Isabelle Le Marquand: Les horaires sont parfois lourds à gérer: Des sessions de 12 heures, ou bien commencer à une heure et demie du matin... Il faut intégrer des rythmes biologiques inhabituels. Certains jours, les conditions météo ne sont pas au rendez-vous: C'est la pluie ou le vent glacé… Par contre, je n'ai jamais ressenti de crainte. Tout est question d'abord avec les gens, il faut savoir être diplomate !
PWeb: Comment conciliez-vous votre vie professionnelle et votre vie personnelle ?
Isabelle Le Marquand: La combinaison est délicate… Après une nuit de surveillance, je rentre le matin à 7 heures. Je dois lever le petit, le préparer, puis l'emmener à l'école pour 9 heures. C'est seulement au retour que je peux songer à dormir. Il faut aussi apprendre à gérer le couple, car deux week-ends par mois je suis au travail.
PWeb: Quels sont vos espoirs, vos attentes concernant votre activité ?
Isabelle Le Marquand: J'ai dix ans d'expérience et je souhaite évoluer dans l'entreprise. L'âge aidant, je pourrais devenir responsable d'équipe. Et qui sait peut-être un jour, créer ma propre activité, être indépendante.
PWeb: Quels sont vos hobbies, et quelles facettes de la Picardie appréciez-vous dans vos loisirs ?
Isabelle Le Marquand: Cette région me donne beaucoup de bonheur avec ses grands espaces verts, ses forêts, ses plages comme celle du Crotoy… J'ai acheté une maison près de Picquigny, dans un petit village proche des marais de la Somme. Il y a beaucoup de terrain, ce qui m'a permis de créer un élevage amateur de canards: Il y a des canards de Barbarie, des colverts, des 'coureurs indiens' qu'on appelle ainsi parce qu'ils marchent debout comme des pingouins… J'ai de longs moments de calme avec les oiseaux… La nature, c'est tout ce que j'aime !
Entretien PicardieWeb.
Pierre-Dominique Duriez.
Photo: PicardieWeb.