 |
La carte postale ancienne recèle des trésors d'informations et de nostalgie. L'Association des Collectionneurs de Laon et Environs a le plaisir de commenter ici la photo de l'arrivée du petit train, au début du siècle dernier, à Fort-Mahon-Plage.
C’est l’arrivée fort attendue du petit train avec sa locomotive à vapeur, le 14 août 1904, sur l’avenue de la plage à Fort-Mahon. Marguerite, la petite locomotive, traîne avec fierté derrière elle la plate-forme chargée de malles en osier et de bagages, ainsi que quatre wagons différents de taille et de forme où avaient pris place les voyageurs.
La foule a envahi l’esplanade de la gare qu’on distingue nettement en second plan. Construction tout en briques avec terrasse et un élégant fronton. Cette esplanade a disparu aujourd’hui pour laisser place à un magasin de vêtements.
Les voyageurs, dont certains sont venus pour le week-end depuis Paris, ont cheminé par Amiens puis bifurqué sur Quend, avant de prendre le tramway Quend-Fort-Mahon. Ce train faisait partie intégrante du paysage. Les affiches publicitaires du Chemin de fer du Nord font état de la station à 3 heures et demi de Paris… L’air iodé de Fort-Mahon a déjà acquis une belle réputation.
Une grande effervescence règne à cette période de l'année pour la Fête de la Mer: Chars fleuris et régates animeront un week-end que tout le monde espère ensoleillé.
C’est aussi l’occasion pour l’homme d’affaires en tenue de ville, chargé de sa valise, de venir passer quelques jours de repos en retrouvant la famille déjà installée dans une coquette villa du bord de mer, ou au Grand Hôtel de la Plage bondé en cette saison.
D’autres familles se dirigent avec hésitation vers leur lieu de villégiature; les enfants ont hâte de quitter leur costume et Madame porte encore son élégante robe de lainage. Vont-ils confier leurs bagages à la charrette tirée par le puissant cheval picard ?
Deux élégantes bourgeoises ravies font déjà des projets sur les bains qu’elles prendront, mais attention, baigneurs et baigneuses n’évoluent pas dans les mêmes eaux et les premiers restent à distance respectueuse des secondes. Pour les dames vraiment pudiques, il existe une cabine roulante dont l’entrée est à fleur d’eau.
Les journaux de mode de l’époque prodiguent des conseils aux baigneuses: Il est recommandé de se protéger les cheveux par un foulard noué 'en marmotte': on plie d’abord le foulard en biais, on noue, on en rejette la pointe et on cravate les coques.
Parasols et ombrelles protègent les peaux laiteuses contre les rayons dévastateurs, car le teint hâlé, en 1904, n’est pas encore de mise…
Daniel et Nelly Légé - ACLE. Photo: Edition Roux Valmier, Galeries de la Mer.
Association des Collectionneurs de Laon et Environs. 15, rue du Credo - 02000 - Urcel - Tél. 03 23 21 68 77.
|