 |
Le 11 novembre 1918, la signature de l'armistice entre la France, l'Angleterre et l'Allemagne marque la fin de la première guerre mondiale. C'est près de la gare de Rethondes, au sein d'une clairière de la forêt de Compiègne, qu'un wagon fut le théâtre de cette signature. Un wagon promis à une destinée hors du commun, puisqu'il fut également témoin de la fin des hostilités de juin 1940.
Voici l'histoire de ce wagon pas comme les autres...
Faisant suite à une commande auprès de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits, notre wagon, la voiture "n° 2419-D", voit le jour le 4 juin 1914, date à laquelle il est autorisé à circuler.
En 1918, il est transformé en salon-bureau et incorporé au train du grand quartier général français pour mise à la disposition du Maréchal Foch. C'est ainsi qu'il sera choisi pour la signature de l'armistice de la Grande Guerre.
L'armée va lever ensuite la réquisition de la voiture. Elle sera à nouveau transformée et affectée à un simple usage de circulation… Mais le gouvernement formule le vœu de l'acquérir: De fait, le 1er octobre 1919, l'accord est conclu entre l'Etat et la Compagnie Internationale des Wagons-Lits de livrer le célèbre wagon au musée de l'Armée.
Pourtant, le chemin ne s'arrêtera pas là. La voiture va être affectée en 1920 au train du Président de la République pour effectuer un voyage à Verdun… Puis retourner encore à des fins d'exposition: Dans la Cour d'Honneur des Invalides.
C'est au tour de M. Fournier-Sarloveze de se faire entendre: Le député-maire de Compiègne exprime nettement son désir de ramener le wagon à son emplacement d'origine, la Clairière de l'Armistice. Le wagon reviendra donc sagement à Compiègne, exposé dans un hall édifié à cet effet.
Mais bientôt la deuxième guerre mondiale éclate. Défaite de l'armée française. Le 20 Juin 1940, le wagon doit revenir dans la clairière à l'endroit même de 1918: C'est là le souhait d'Adolf Hitler, en manière de revanche sur l'affront subi 22 ans auparavant. Le wagon sera ainsi le lieu de signature de l'armistice de juin 1940, un armistice cette fois au profit des allemands.
Quelques jours plus tard, le Chancelier ordonne le transfert par voie routière du wagon jusqu'à Berlin pour être exposé au Lustgarten. La population peut ainsi le visiter. Il sera finalement détruit en 1945 en forêt de Thuringe. Fin de vie pour l'authentique wagon de 1918.
Après la seconde guerre mondiale, la France va décider d'aménager à l'identique un wagon appartenant à la même série. Un wagon "jumeau", installé au sein de la Clairière de l'Armistice et rassemblant les souvenirs de 1918, sera inauguré le 11 novembre 1950. Aujourd'hui, c'est ce wagon que l'on peut visiter au Musée de l'Armistice. Un wagon jumeau promis à une vie beaucoup plus paisible…
Alexandra Banget. Photo: Musée de l'Armistice.
Remerciements au Musée de l'Armistice - Compiègne. Musée ouvert tous les jours sauf le mardi. Renseignements: Tél. / Fax. 03 44 85 14 18
|