Ce jeudi 5 décembre 2024, le département de l’Oise s’apprête à vivre une journée marquée par une mobilisation massive. Avec un taux de grévistes inédit dans les écoles et des services municipaux paralysés, ce mouvement national de contestation prend ici une ampleur particulière.
Un jeudi noir pour l’éducation
Dans l’Oise, la journée de grève annoncée s’annonce comme l’une des plus suivies des dernières années. Près de 70 % des enseignants du département ont signalé leur intention de se joindre au mouvement initié par l’intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa). Selon les données syndicales, plus de 1 000 enseignants ont déclaré leur participation, entraînant la fermeture de plus de 140 écoles.
Pierre Ripart, secrétaire départemental du SNUipp-FSU Oise, souligne l’ampleur de cette mobilisation :
« Cette grève dépasse largement celle du 13 janvier 2022. C’est le moment d’appuyer fort pour faire entendre nos revendications. »
Les villes les plus touchées seront notamment Creil, Compiègne et Saint-Maximin, où la quasi-totalité des établissements scolaires, des crèches et des activités périscolaires resteront fermés. Ces fermetures compliqueront fortement le quotidien des familles, contraintes de trouver des solutions en urgence.
Les revendications portées par les fonctionnaires
Les doléances des grévistes reflètent une colère latente depuis plusieurs mois. L’intersyndicale revendique :
- Le maintien d’une indemnisation maladie à 100 % ;
- L’arrêt de la suppression des jours de carence pour les agents publics ;
- Une revalorisation nette du point d’indice ;
- L’abandon des suppressions de postes dans l’Éducation nationale et dans les administrations territoriales.
Ces mesures, perçues comme des coupes budgétaires injustes, ont cristallisé la méfiance envers le gouvernement et son ministre Guillaume Kasbarian, pointé du doigt pour vouloir réaliser des économies au détriment des services publics.

Des perturbations dans tout le département
Le mouvement aura des répercussions concrètes dans les grandes communes de l’Oise :
- À Compiègne, les crèches Sainte Élisabeth et Royallieu fermeront leurs portes. La mairie assure toutefois un service minimum d’accueil pour l’école Hersan, ouvert uniquement sur préinscription.
- À Saint-Maximin, l’école maternelle et les services périscolaires ne seront pas opérationnels.
- Dans d’autres villes comme Beauvais, des réunions sont prévues pour fixer les suites éventuelles de la mobilisation.
Dans ce contexte tendu, une manifestation départementale est programmée à partir de 14h devant la préfecture de Beauvais, où enseignants, agents municipaux et autres fonctionnaires feront entendre leur voix.
Vers une reconduction de la grève ?
L’avenir du mouvement reste incertain, mais certains acteurs syndicaux envisagent une prolongation si leurs exigences ne trouvent pas d’écho auprès des décideurs. Pierre Ripart ne cache pas cette possibilité :
« On va envisager toutes les options pour maintenir la pression. Ce n’est que le début. »
Dans l’Oise, comme ailleurs en France, ce jeudi 5 décembre s’impose comme une journée test pour mesurer le poids de la contestation sociale et ses éventuelles ramifications dans les semaines à venir.
Suivez nous sur Google news
Notre média indépendant a besoin de VOUS pour se faire connaitre ! Aidez-nous en nous ajoutant à vos favoris sur Google News. Merci !
Suivez-nous









