Une opération musclée a viré à la catastrophe sur l’autoroute A1, où une Audi RS4 transportant près de 30 kg de cannabis a mis en danger la vie de gendarmes et d’usagers. Les fuyards, deux Belges, sont désormais derrière les barreaux.

Une course-poursuite spectaculaire sur l’autoroute A1
Le 4 janvier 2025, une Audi RS4 volée a semé le chaos sur l’autoroute A1, entre Chamant (Oise) et Lille. La voiture transportait exactement 28,580 kg d’herbe de cannabis, une cargaison estimée à près de 285 800 euros sur le marché noir. Deux Belges originaires de Nivelles, Amaury Dubray (32 ans) et Mohammed Bousairy (20 ans), étaient à bord. La course-poursuite, déclenchée à un péage, a pris une tournure dramatique : la voiture des gendarmes, une Renault Alpine, a été envoyée dans le décor après une embardée de l’Audi.
Des gendarmes blessés, mais une tragédie évitée
Lors de l’intervention, la Renault Alpine a percuté un autre véhicule avant de sortir de la chaussée. Les quatre gendarmes présents à bord ont été blessés, souffrant notamment du “coup du lapin”, mais ont échappé au pire. La conductrice de la voiture est restée coincée une heure dans l’habitacle, bloquée par les portières déformées. « Cela aurait pu être un carnage », a souligné le procureur Guillaume Dupont, dénonçant la dangerosité des manœuvres des fuyards sur une distance de près de 60 kilomètres.
L’arrestation sur une aire d’autoroute
Après l’accident, les fuyards ont poursuivi leur virée à plus de 217 km/h jusqu’à l’aire d’autoroute de Tilloloy, dans la Somme. Là, les deux individus ont tenté de se disperser, mais la police a rapidement procédé à leur arrestation. Mohammed Bousairy, le conducteur, a été appréhendé avec des sacs contenant la cargaison. L’Audi RS4, une voiture volée la veille dans un parking parisien du XVIe arrondissement, portait de fausses plaques d’immatriculation.
Une défense marquée par les regrets et la peur
Lors de leur comparution au tribunal de Compiègne, les deux prévenus ont évoqué des menaces venant des commanditaires du trafic, basés à Roubaix. Mohammed Bousairy a expliqué avoir reçu des consignes strictes et des menaces directes : « Ils avaient l’adresse de mes parents. Je n’avais pas le choix. » Amaury Dubray a quant à lui affirmé avoir agi sous contrainte, préférant “la prison à un cercueil”. Tous deux auraient été rémunérés pour le trajet : 2000 euros pour Mohammed et 4000 euros pour Amaury.
Une organisation amateur sous pression
Les avocats de la défense n’ont pas manqué de souligner l’amateurisme de leurs clients et leur rôle subalterne dans la chaîne du trafic. Mohammed, souffrant de schizophrénie et ancien étudiant en alternance, aurait accepté la mission sous « une pression extrême ». Amaury, père de deux enfants et en difficulté financière après la faillite de son entreprise, se serait laissé embarquer à contre-cœur. « Ce sont des amateurs, pas des narcotrafiquants », a plaidé l’un des avocats.
Des peines prononcées, d’autres à venir
Le tribunal a condamné Amaury Dubray à 12 mois de prison ferme, avec maintien en détention. Pour Mohammed Bousairy, le jugement a retenu une altération du discernement. Il écope de 24 mois de prison, dont 18 avec sursis probatoire, assortis d’obligations de soins, de travail et de résidence à Reims. La partie ferme de sa peine sera toutefois effectuée en détention. L’audience pour déterminer les dommages et intérêts des gendarmes blessés a été reportée au 15 mai.
Indignation des forces de l’ordre
Malgré les excuses des prévenus, la colère reste vive du côté des forces de l’ordre. « Ils ont mis en danger la vie de familles innocentes », a rappelé une gendarme, marquée par l’accident et son heure d’immobilisation dans l’habitacle. Quant à leur avocat, il a dénoncé « la minimisation des responsabilités » par les prévenus, estimant que leur comportement relevait d’une volonté manifeste de nuire.
Suivez nous sur Google news
Notre média indépendant a besoin de VOUS pour se faire connaitre ! Aidez-nous en nous ajoutant à vos favoris sur Google News. Merci !
Suivez-nous









