Alors que la canicule s’intensifie en ce début juillet 2025, les températures records frappent la région Picardie et paralysent une grande partie de ses écoles. Dans l’académie d’Amiens, des établissements ont dû fermer leurs portes, contraignant enseignants, élèves et parents à des ajustements en urgence. Retour sur cette situation alarmante.

Une vague de chaleur sans précédent en Picardie
Alors que le thermomètre grimpe bien au-delà des 30°C dans de nombreuses communes de l’académie d’Amiens, les écoles de la région se retrouvent en première ligne des impacts du changement climatique. Mardi 1er juillet 2025, plusieurs établissements ont rapporté des relevés de températures particulièrement inquiétants : 28,5°C à Airaines, 31°C à Piennes-Onvillers, ou encore 35°C à Sailly-Flibeaucourt, près d’Abbeville. Le maximum a été observé à Chaulnes, avec une température ressentie atteignant 38°C.
Face à cette situation, les autorités académiques ont annoncé la fermeture de 60 établissements scolaires, dont une majorité située dans l’Aisne.
Des conditions d’apprentissage intenables
Le constat est partagé par les syndicats enseignants, notamment le SNUIpp-FSU et le SE-UNSA. Selon Pauline Compagnon, co-secrétaire départementale du SNUIpp-FSU dans la Somme, les conditions de travail en période de canicule deviennent “dangereuses, surtout pour les élèves vulnérables et le personnel”.
À l’école Jules-Barni d’Amiens, bien que dotée d’une cour végétalisée réduisant légèrement les chaleurs environnantes, les températures atteignaient 33°C en classe. Une situation typique d’infrastructures scolaires vieillissantes, insuffisamment adaptées à des pics de chaleur de plus en plus récurrents.
Une gestion d’urgence devenue nécessaire
Malgré l’alerte lancée par les syndicats concernant la sécurité des personnels et des élèves, les réponses tardent à venir. “Nous n’avons reçu aucune consigne officielle appelant les personnes vulnérables à se protéger”, déplore Pauline Compagnon.
Pour faire face à l’urgence, les autorités locales, en collaboration avec les collectivités, ont organisé des fermetures ponctuelles accompagnées de la mise en place de services minimums d’accueil. Le rectorat a également tenté de relativiser l’impact de cet épisode caniculaire, estimant que “3 % des écoles seulement ont été touchées par ces mesures de fermeture”.
L’urgence d’un plan de rénovation scolaire
Cet épisode remet une nouvelle fois en lumière la nécessité de repenser l’architecture scolaire face au changement climatique. La vétusté de certains bâtiments, combinée à l’absence de systèmes modernes de climatisation ou de ventilation, exacerbe les impacts des vagues de chaleur. Le retour des préfabriqués dans certaines communes comme Conty, encore touchées par les séquelles d’une tornade en 2022, illustre l’ampleur des défis à relever.
Les syndicats réclament un plan ambitieux de rénovation du bâti scolaire, visant à mieux isoler les bâtiments, à intégrer la végétalisation au cœur des infrastructures et à garantir des conditions de travail décentes pour les élèves et le personnel.
Une problématique bien plus large
Les événements survenus en Picardie ne sont qu’un exemple des défis que pose la crise climatique pour les infrastructures publiques en France. Alors que les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes, les fermetures d’écoles risquent de devenir une réponse récurrente en l’absence de mesures structurelles.
En attendant, cette nouvelle alerte devrait pousser autorités locales et nationales à agir rapidement afin de protéger élèves et enseignants d’un climat devenu imprévisible et de plus en plus hostile.
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