Rivery (Amiens), ce 3 septembre 2025. La concession de motos Motoland, déjà cible de multiples attaques par le passé, a une nouvelle fois été victime d’un raid audacieux, armé et planifié. Une vingtaine d’individus cagoulés se sont introduits dans le magasin avec un objectif clair : repartir avec des motocross, prisées mais faciles à revendre sur le marché noir. Ce coup, toutefois, n’a pas pris la tournure escomptée, grâce à la réactivité des employés. Décryptage.

Une tentative d’attaque express et orchestrée
Vers 18h50, alors que le magasin était encore ouvert, un groupe armé d’haches et de bombes lacrymogènes a envahi les lieux. Leur cible ? Les motos entreposées dans l’enceinte de cette concession de la rue de la Défense passive, à Rivery, petite commune jouxtant Amiens.
Le gérant de l’établissement, Éric Duminy, raconte, non sans une pointe de lassitude mêlée de fierté : « Ils venaient pour voler des motos. Heureusement, nous sommes une équipe de trente personnes, alors nous avons fait bloc. » Cette solidarité a permis de neutraliser deux assaillants, contraints de rester sur place. Les autres, visiblement surpris par la résistance des employés, ont pris la fuite à bord de trois fourgons. Aucun butin n’a pu être emporté.
Un apprenti blessé et des dégâts visibles
Le face-à-face n’a pas été sans conséquence : un apprenti du magasin a reçu un coup de poing à l’œil, nécessitant son transport immédiat au CHU d’Amiens par les pompiers. Sur les lieux, des traces de chaos témoignent de la violence de l’événement : plusieurs motos gisant au sol, des gants et une chaussure abandonnée dans la précipitation.
Rapidement, la police judiciaire s’est rendue sur place pour lancer une enquête approfondie. Les enquêteurs ont commencé par auditionner les salariés et se sont saisis des nombreuses images des douze caméras de surveillance installées dans la concession.
Une série noire pour une enseigne ciblée
Pour Éric Duminy, ces séries d’attaques récurrentes sont devenues un lourd fardeau. Cet assaut n’est que le dernier épisode d’une saga d’incidents similaires. En décembre 2023, en mai 2024 et encore en décembre dernier, Motoland avait déjà été pris pour cible. Ces trois précédents cambriolages avaient infligé des pertes allant jusqu’à 80 000 euros. La dernière tentative, qui s’était soldée par un échec, avait mis en lumière les modes opératoires des malfaiteurs : utilisation de meuleuses, raids coordonnés avec plusieurs véhicules et une prédilection pour les motocross.
Si certaines arrestations ont eu lieu dans les affaires passées, il semble que les organisateurs de ces agressions ne cessent de trouver de nouvelles recrues. Des jeunes issus de différents départements comme le Nord, l’Oise et l’Île-de-France auraient été mobilisés pour ces actions. À ce jour, le lien entre cette récente tentative et les attaques précédentes reste à déterminer.
Une résilience éprouvée face à des malfaiteurs déterminés
Malgré ces événements, Éric Duminy ne baisse pas les bras. « Nous sommes de plus en plus aguerris pour gérer ce genre de situations », confie-t-il avec un calme impressionnant. Toutefois, il ne cache pas son désabus face à l’insistance des malfaiteurs et l’incapacité à prévenir ces assauts répétés.
La cible de ces vols reste le même : des motocross, ces véhicules si prisés des jeunes et facilement écoulables dans des réseaux parallèles grâce à l’absence de carte grise. Nul doute que ces infractions alimentent un commerce illicite alimenté par des bandes organisées bien structurées.
Les prochains jours seront décisifs
L’enquête, désormais entre les mains des services compétents, devra éclairer les zones d’ombre entourant ces actes. Les images de la vidéosurveillance ainsi que les témoignages du personnel seront des éléments clés pour identifier ces individus et leurs potentielles connexions avec les pillages précédents. En attendant, les employés de Motoland espèrent tourner rapidement la page de cet épisode pour se consacrer pleinement à leurs activités.
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