Face aux enjeux croissants de sécurité publique, la France a durci ses lois concernant les armes blanches. Retour sur les nouvelles mesures adoptées en 2025 pour mieux encadrer leur vente, leur détention et leur port.

Un cadre juridique renforcé en 2025 : que retenir ?
À la suite du rapport intitulé “Mineurs et armes blanches”, remis au Premier ministre le 28 mai 2025, le gouvernement français a pris des mesures réglementaires strictes pour mieux prévenir les violences liées à ces armes. Les décrets et arrêtés publiés en juillet et septembre 2025 ont introduit des changements significatifs, touchant autant les commerçants que les particuliers.
Le décret n° 2025-894 du 5 septembre 2025 et l’arrêté du 4 juillet 2025 définissent désormais un cadre légal plus restrictif pour certaines catégories d’armes blanches. Ces modifications s’articulent autour de plusieurs points clés : nouvelles classifications, interdictions renforcées et obligation de dépôt pour certains types d’armes.
Les nouvelles règles pour les commerçants
Pour les professionnels non armuriers, il devient impératif de détenir une autorisation préfectorale pour vendre des armes blanches spécifiques. Ces dernières, dorénavant classées en catégorie “Da”, incluent notamment :
- Les poignards et couteaux-poignards,
- Les matraques,
- Les couteaux automatiques à cran d’arrêt,
- Les étoiles de ninja,
- Les coups de poing américains.
Le délai est fixé au 7 mars 2026 pour déposer une demande d’autorisation auprès des préfectures via l’adresse générique dédiée : pref-armes@somme.gouv.fr.
Les commerces doivent s’assurer d’être en conformité sous peine de sanctions administratives et pénales.
Des interdictions catégoriques : armes classées A1
Parmi les principales mesures, certaines armes blanches sont désormais interdites à la vente, à la détention et au port. Ces armes incluent :
- Les couteaux dits “zombies”, souvent associés à des usages caricaturaux ou violents,
- Les modèles de coups de poing américains datant d’après 1900 et couvrant les quatre doigts.
Les détenteurs (particuliers ou commerçants) ont jusqu’au 7 décembre 2025 pour remettre ces armes interdites à la police ou à la gendarmerie. Après cette date, leur simple détention peut entraîner jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende.
Le port et le transport : un contrôle accru
Le port ou transport d’armes blanches, même non catégorisées, reste strictement interdit sans motif légitime. La jurisprudence française va plus loin en considérant que tout objet du quotidien (couteaux, tournevis, ciseaux, etc.) peut être requalifié en arme si transporté ou utilisé de manière suspecte. Les sanctions prévues dans ces cas-là incluent :
- 1 an d’emprisonnement,
- 15 000 € d’amende.
Enfin, les mineurs demeurent sous stricte protection légale : la vente, sous forme classique ou en ligne, leur est absolument prohibée, et les sites e-commerce doivent désormais afficher cette interdiction de manière visible, au même titre que les armureries physiques.
Un enjeu de prévention et de sécurité publique
Ces nouvelles dispositions traduisent une volonté de lutter efficacement contre l’essor inquiétant des violences impliquant des armes blanches, en particulier chez les mineurs. Entre restriction de leur accessibilité et réaffirmation de sanctions dissuasives, le gouvernement espère contribuer à une baisse de ces incidents.
Tous les acteurs concernés, commerces et particuliers, sont donc invités à prendre les mesures nécessaires pour éviter toute non-conformité au risque de lourdes conséquences juridiques.
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