Amiens, mercredi 12 novembre 2025 – Sous un ciel automnal, les rues d’Amiens ont été le théâtre d’une mobilisation agricultrice d’envergure. Des exploitants agricoles de la Somme ont investi les rues pour exprimer leur colère contre l’accord de libre-échange Mercosur et une hausse annoncée des taxes sur les engrais dès janvier 2026. Retour sur une soirée tendue dans plusieurs villes du département.

Une mobilisation organisée à l’échelle départementale
À l’appel de la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) de la Somme, les tracteurs se sont mis en mouvement dès l’après-midi. Plusieurs points stratégiques du département ont été investis, notamment dans les villes d’Amiens, Abbeville et Péronne. À Amiens, ce sont ainsi une trentaine d’agriculteurs qui ont pris position au cœur de la ville, bloquant la rue de la République à l’aide de trois tracteurs. À proximité du cirque d’Amiens, le boulevard Maignan-Larivière a également été paralysé, empêchant les allées et venues en direction de la route de Paris.
Le préfet face à la grogne des exploitants
Impossible d’accéder à la préfecture d’Amiens en cette soirée de mobilisation. La tension sur place était palpable, marquée par un face-à-face entre les manifestants et les CRS, mobilisés pour encadrer l’événement. Une délégation d’agriculteurs a cependant été reçue par le préfet en fin de journée, dans un effort pour ouvrir le dialogue.
Deux revendications majeures ont été mises en avant par les protestataires :
- Le rejet catégorique de l’accord commercial avec le Mercosur, qui est perçu comme une menace directe pour la survie de l’agriculture européenne, déjà fragilisée. Cet accord pourrait favoriser l’importation de produits agricoles venant principalement des pays d’Amérique du Sud, au détriment des exploitants locaux.
- L’opposition à l’augmentation des taxes sur les engrais prévue pour entrer en vigueur dès le 1ᵉʳ janvier 2026. Les agriculteurs redoutent un impact sévère sur leurs coûts de production, dans un contexte économique déjà tendu.
Une colère partagée dans tout le département
Si Amiens a cristallisé l’attention, d’autres actions ont été observées dans la Somme. À Abbeville et Péronne, les exploitants ont également marqué leur mécontentement en organisant des barrages sporadiques, bloquant temporairement plusieurs axes routiers.
Ces mouvements traduisent une exaspération plus large au sein du monde agricole français, qui reproche au gouvernement une gestion déconnectée de la réalité de terrain. Entre contraintes réglementaires croissantes et une concurrence internationale jugée déloyale, les exploitants se disent pris en étau, sans issues claires en vue.
Une soirée révélatrice d’un malaise grandissant
Alors que le gouvernement défend l’idée que l’accord Mercosur permettrait d’accroître les opportunités économiques et les exportations européennes, les agriculteurs, eux, y voient un signe de leur déclin programmé. Les manifestations de ce mercredi illustrent un sentiment d’abandon dans les territoires ruraux, face à une mondialisation qui ne les protège pas.
La question demeure : le dialogue entre les autorités et les agriculteurs suffira-t-il à apaiser les tensions ? Pour l’heure, la grogne continue de s’étendre, donnant un aperçu des défis auxquels devra faire face l’exécutif dans les semaines à venir.
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