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Amiens durcit les tarifs des Vélam pour éviter la « rétention » des vélos

Amiens, ce 1er avril 2026 au matin. À la station Vélam du Coliséum, en plein centre-ville, l’affluence ne se lit pas dans le bruit, mais dans les racks presque vides. En toile de fond, une nouvelle règle : désormais, plus un vélo est conservé longtemps, plus la note grimpe. Objectif affiché par Amiens Métropole et la Ville d’Amiens : remettre plus vite en circulation les 380 vélos du service, notamment les modèles électriques, souvent indisponibles.

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Une station presque vide, symptôme d’un service victime de son succès

« C’est la troisième station que je fais », raconte Théo, étudiant, interrogé sur place. Chez lui, les deux stations les plus proches étaient déjà à sec. Son avis résume le dilemme de nombreux usagers : éviter que le vélo devienne un transport coûteux, tout en retrouvant plus facilement une monture disponible, surtout quand les bus sont perçus comme une alternative déjà payante.

Cette tension entre accessibilité et rotation est précisément ce que la collectivité veut corriger avec une tarification plus punitive au-delà d’une heure d’usage.

Ce qui change au 1er avril 2026 : la facture s’alourdit après 60 minutes

La réforme ne touche pas les fondamentaux du service :

  • Abonnements inchangés
  • Premier trajet inchangé : gratuit les 30 premières minutes, puis 0,50 € la seconde demi-heure

En revanche, l’addition s’envole dès qu’on dépasse l’usage « courte durée » :

  • Entre 61 et 90 minutes : 1 € la demi-heure
  • Demi-heure suivante : 2 €
  • À partir de 2 heures : 4 € par tranche de 30 minutes

Autrement dit, la métropole introduit une logique claire : le Vélam doit rester un véhicule d’appoint, pas une location prolongée.

La collectivité vise les usages de plusieurs heures d’affilée

Pour François Boll, responsable du service mobilité à la Ville d’Amiens et à Amiens Métropole, le constat est net : le service est « victime de son succès ». L’arrivée des vélos électriques en juillet 2025 a accéléré l’adoption, avec une montée en puissance du réseau :

  • Stations : de 27 à 45
  • Abonnés : environ 800 il y a un an, contre 2 000 aujourd’hui

Mais la hausse s’accompagne d’un phénomène jugé problématique : des vélos immobilisés longtemps. La collectivité dit avoir observé des locations allant jusqu’à cinq heures, avec des chiffres marquants relevés notamment en octobre : 880 locations entre 1 h et 2 h, et plus de 700 au-delà de 2 h.

Dans la logique institutionnelle, ces comportements « captent » une partie du parc et pénalisent les autres usagers. Pour les trajets plus longs, la métropole renvoie vers d’autres solutions, comme Buscyclette.

Une stratégie de mobilité : favoriser la rotation plutôt que l’extension du parc

Derrière la hausse, il y a un arbitrage : plutôt que d’augmenter immédiatement le nombre de vélos, Amiens Métropole cherche d’abord à fluidifier la disponibilité en dissuadant les usages prolongés. Une décision qui pourrait modifier les habitudes, notamment pour les usagers qui utilisaient le Vélam comme solution « quasi journalière » sur plusieurs heures.

Reste une inconnue : la nouvelle grille suffira-t-elle à rééquilibrer l’offre sans décourager les usagers occasionnels, ceux pour qui le vélo partagé est d’abord un outil simple pour traverser la ville rapidement ?

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Nicolas

Auteur et journaliste indépendant ! Passionné de balade en vélo dans la baie de Somme (le plus beau paysage du monde ;-)) - Picard de coeur !

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