Dans la soirée du samedi 27 juin 2026, un violent épisode orageux, survenu après la canicule, a frappé le Plateau picard. À Tricot (Oise), vers 22 heures, les rafales ont arraché le clocher de l’église Notre-Dame, provoquant un effondrement partiel de l’édifice. Aucun blessé n’est à déplorer, mais le village se réveille face à des dégâts jugés majeurs et une reconstruction qui s’annonce coûteuse.

Une rafale, puis le fracas : le clocher « se désolidarise »
Interrogé par Le Courrier Picard, Ali Kucuh, patron du café Le Virage situé face à l’église, raconte avoir d’abord aperçu une sorte de « tornade » remonter la rue, avant d’entendre un bruit qu’il décrit comme terrifiant. Dans la foulée, le clocher aurait semblé se soulever puis s’abattre lourdement.
Une habitante, Valérie, décrit une scène de désolation : la flèche serait tombée sur une partie de l’église, entraînant l’effondrement de la voûte et endommageant sévèrement le fond de l’édifice. Au matin, un trou béant est visible depuis l’intérieur.
Un monument fragilisé et une facture qui grimpe
L’église Notre-Dame de Tricot, dont le chœur et le transept sont classés Monument historique, fait désormais l’objet d’une première évaluation. Sur place, la commune redoute une addition à la hauteur du choc patrimonial.
Le maire de Tricot, Francis Soetaert, a passé une partie de la nuit à organiser le déblayage avec des élus, des agents municipaux et des habitants. « La situation est grave, mais nous ne déplorons aucune victime », souligne-t-il, évoquant aussi la récupération du coq du clocher, symbole sauvé des gravats et mis à l’abri en attendant les travaux.
Catastrophe naturelle : la course aux financements est lancée
Dans les communes voisines, l’émotion est palpable. Patrice Fontaine, maire de Frestoy-Vaux et conseiller départemental, dit être « bouleversé » et annonce une démarche visant à faire reconnaître un état de catastrophe naturelle, afin de faciliter l’accès à des financements. Selon lui, la remise en état pourrait représenter plusieurs millions d’euros.

Toitures arrachées, arbres à terre : tout un village en chantier
Au-delà de l’église, la tempête a laissé des traces : arbres déracinés, toitures endommagées, véhicules touchés par des débris, et plusieurs habitations signalées comme inondées.
Dès le lendemain, une solidarité locale s’organise. Caroline Quignon, conseillère municipale, décrit une mobilisation générale : opération tronçonnage, nettoyage et enlèvement des gravats menés par les services techniques, les élus et des habitants, décidés à rendre les rues praticables au plus vite.
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