Dans une affaire ayant secoué la ville de Muirancourt, un retraité a été jugé ce lundi par le tribunal de Compiègne pour diffamation envers un armurier de Noyon. Une querelle qui a débuté lorsque Christian M. a publié sur les réseaux sociaux deux vidéos dans lesquelles il critiquait violemment les services de cet armurier. Mais que s’est-il vraiment passé pour que cela en arrive là ?
Christian M., habitant de Muirancourt, souhaitait simplement apporter des modifications à son fusil pour mieux chasser les rats. Il s’est donc rendu chez l’armurier de Noyon pour adapter l’optique de son arme. Malheureusement, le résultat ne correspondait pas du tout à ce que le retraité espérait. De plus, il n’a jamais réussi à obtenir de réponse de l’armurier malgré ses nombreux appels et mails. Face à cette situation, Christian M. a décidé de réagir en publiant des vidéos sur les réseaux sociaux dans lesquelles il qualifie l’armurier de “roi de l’embrouille” et d'”arnaqueur”.

Pensant que ces vidéos seraient diffusées en “contenu restreint” sur YouTube, Christian M. a été stupéfait de voir qu’elles se retrouvaient rapidement sur Facebook. Des clients de l’armurerie ont alors signalé ces vidéos au commerçant, qui a décidé de porter plainte pour diffamation.
Devant le tribunal de Compiègne, l’armurier a expliqué que le matériel demandé par Christian M., à savoir un système d’intensification de lumière pour la visée nocturne, était en réalité interdit car considéré comme du matériel militaire. Il a donc pris la décision de prévenir la gendarmerie. Les vidéos de Christian M. ont eu un impact négatif sur son chiffre d’affaires et il s’est interrogé sur les véritables motivations du retraité. L’armurier se demande si ce dernier avait réellement l’intention de chasser des rats avec son fusil.
Les avocats des deux parties ont exposé leurs arguments devant le tribunal. Me Jean-Paul Baduel, l’avocat de l’armurier, a souligné que l’utilisation de ce matériel était interdite dans l’Oise et qu’il existait d’autres solutions pour se débarrasser des rats. Quant à Me Anthony Alexandre, avocat de Christian M., il a affirmé que les propos tenus par son client étaient une simple mise en garde contre les services décevants de l’armurier, sans animosité personnelle. Selon lui, la liberté d’expression permet de critiquer un travail mal fait.
Le procureur de la République a requis une amende de 1 600 euros, dont 1 200 avec sursis, à l’encontre de Christian M. Le verdict sera prononcé le 9 octobre prochain.
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