Huit individus comparaissent devant le tribunal de Compiègne depuis le lundi pour être jugés pour un trafic de stupéfiants entre septembre 2020 et décembre 2021. Ce réseau de trafiquants aurait notamment approvisionné une cité d’Auch, dans le Gers. Le procès s’étalera sur cinq jours.
Les prévenus sont accusés d’avoir participé à une importante filière de trafic d’héroïne transitant par Compiègne et ayant opéré durant plus d’un an. Parmi eux, on trouve Ouhisam M., suspecté d’être le cerveau de cette organisation. Leurs rôles respectifs devront être établis au cours du procès grâce aux différentes écoutes et surveillances mises en place par les enquêteurs.

La genèse de l’affaire :Amiens et 1,5 kg d’héroïne saisie
Tout commence en juin 2020, lorsque les enquêteurs découvrent un appartement à Amiens (Somme) contenant 1,5 kg d’héroïne, deux carabines et du matériel de pesée. Des traces d’ADN permettent de remonter jusqu’à un homme de Compiègne âgé de 37 ans. La surveillance commence alors.
Une arrestation et une saisie de 10 kg d’héroïne
Après plusieurs mois de filatures, d’écoutes et de surveillances, Ouhisam M. et un complice présumé, Abdelkader B., sont interpellés le 16 décembre 2021. Ce jour-là, les deux hommes reviennent d’Amiens dans deux véhicules différents. Dans l’un d’eux, une Ford Kuga, les enquêteurs découvrent un dispositif astucieux permettant de dissimuler 20 paquets d’héroïne, soit plus de 10 kg de drogue d’une valeur estimée à 145 000 euros.

Des voyages entre les Pays-Bas, Compiègne et le sud de la France
Selon l’enquête, Ouhisam M. effectuait régulièrement des trajets aux Pays-Bas, où l’héroïne entrait en Europe. Il se rendait ensuite à Compiègne, d’où la drogue était acheminée vers le sud de la France, notamment dans le quartier de Garros, à Auch (Gers). Des dealers présumés de cette région sont également parmi les prévenus.
La mise en cause de plusieurs protagonistes
Parmi les autres prévenus, on trouve un couple du Compiégnois, Mehmet C. et Célia A., qui auraient été payés 1 500 euros par voyage pour transporter la drogue. Ils auraient dépensé l’argent pour des achats personnels et auraient été employés par Ouhisam M., surnommé “Roudourou”.
Un train de vie luxueux malgré le chômage
En dépit d’un chômage et d’un logement en HLM, Ouhisam M. menait une vie aisée. Il partait en vacances au Maroc et en Espagne, jouait au casino et serait également impliqué dans un cercle de jeux clandestins à Compiègne. Son épouse et un autre homme de Compiègne sont notamment soupçonnés de blanchiment d’argent.
Le procès des huit prévenus devrait permettre d’établir les responsabilités et le fonctionnement de ce trafic d’héroïne entre les Pays-Bas et le sud de la France.
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