Une hausse marquée des cas de Covid-19 a été enregistrée dans les Hauts-de-France, en cette rentrée 2025. Entre effets saisonniers, nouveaux variants et relâchement des tests, les professionnels de santé s’alarment.

Une augmentation confirmée par les urgences et les pharmacies
Le Covid-19 connaît une reprise notable en Hauts-de-France, dans un contexte où la surveillance épidémiologique devient plus incertaine. Selon les données du réseau Oscour, qui collecte les informations des passages aux urgences, une hausse de 37 % des cas adultes suspects de Covid-19 a été signalée entre le 15 et le 21 septembre 2025. Les enfants ne sont pas épargnés non plus, avec une augmentation de 43 % des passages aux urgences chez les moins de 15 ans sur la semaine précédente.
Les pharmacies, en première ligne de cette résurgence, constatent également une recrudescence des demandes de tests. Grégory Tempremant, président de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) des Hauts-de-France, alerte sur les impacts de la fin du remboursement des tests Covid, qui pousse les patients vers des autotests parfois peu fiables ou mal réalisés. Un autre problème qu’il pointe est l’absence de mesures barrières lors des tests en pharmacie : « Les gens viennent se tester sans masque », explique-t-il.
Une recrudescence liée à des facteurs saisonniers
Pour la virologue Anne Goffard, du CHU de Lille, cette reprise était prévisible. Septembre, avec la reprise scolaire et le retour des températures plus fraîches, favorise la diffusion des virus respiratoires. « Les cours ont repris, les élèves se transmettent leurs infections », constate-t-elle, ajoutant que ces circonstances saisonnières rendent les virus plus actifs.
Cependant, les données actuelles restent inférieures à celles de la même période en 2024, précise Santé publique Hauts-de-France. Cette nuance montre que, malgré l’augmentation des cas, les niveaux épidémiques sont encore maîtrisés, même si la tendance inquiète les soignants.
Des variants sous surveillance en toile de fond
Les variants NB.1.8.1 et XFG, tous deux descendants de la souche Omicron, dominent désormais en France. Le variant NB.1.8.1 est particulièrement scruté par l’OMS, qui l’a classé comme « variant sous surveillance » en raison de son expansion rapide à l’échelle mondiale. Bien que leur domination soit avérée, il est encore peu documenté si ces variants sont à l’origine directe de cette recrudescence dans la région.
Une rentrée scolaire sous le signe des contaminations
La semaine du 8 au 14 septembre, correspondant à la deuxième semaine après la rentrée scolaire, a vu une hausse notable des passages aux urgences pour des suspicions de Covid-19, impactant particulièrement les enfants. Sur cette période, le réseau Sentinelles a rapporté 26 000 nouveaux cas vus en médecine générale sur l’ensemble du territoire français – un indicateur qui traduit une reprise progressive de l’épidémie.
Vers un défi prolongé pour l’automne ?
Alors que les indicateurs affichent une remontée épidémique, certains s’inquiètent d’une éventuelle aggravation à l’approche de l’hiver. La réduction de l’accès au dépistage, combinée à une potentielle sous déclaration des cas, pourrait compliquer encore davantage le suivi de l’épidémie. Les professionnels de santé rappellent l’importance des mesures préventives, comme le port du masque ou la vaccination, pour limiter les impacts sanitaires liés à cette nouvelle vague.
La situation appelle à une vigilance accrue dans les Hauts-de-France, où l’épidémie évolue dans un contexte incertain.
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