Deux ans après les faits, le tribunal de Compiègne se penche sur l’affaire de « traite d’êtres humains » dans une supérette de la cité impériale. Les deux gérants, âgés de 38 et 40 ans, sont accusés d’avoir hébergé leurs employés dans des conditions dégradantes et de les avoir fait travailler sans rémunération supplémentaire.

Lors d’un contrôle effectué en novembre 2021 par l’inspection du travail, il a été découvert que les deux salariés, âgés de 35 et 26 ans, étaient logés depuis six mois dans la salle du personnel de la supérette. Leur lieu de vie était composé de matelas posés sur des palettes, dans une petite pièce froide et sans fenêtre. Ils disposaient d’un frigo et d’une gazinière. Il leur était également demandé de traverser tout le magasin pour accéder aux toilettes.
Le procès se tient et le jugement est mis en délibéré
Ce lundi, lors du procès, l’avocat des employés a dénoncé ces conditions de vie indignes. Il a notamment souligné l’installation d’une douche en septembre, dans une réserve où les employés risquaient d’être vus par leurs collègues. L’avocat a vivement condamné cette situation qualifiée d’abjecte.
De leur côté, les prévenus affirment ne pas être responsables de la présence des employés dans la salle du personnel. Selon eux, ces derniers se sont installés sans leur permission et les gérants ont choisi de ne pas les mettre à la rue à cause du froid.
Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 23 janvier. Le procureur a requis 360 jours-amendes à 10 euros ainsi qu’une interdiction de gérer pendant cinq ans avec sursis.
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