Un coup dur pour la commune de Bernaville, dans la Somme : la fermeture soudaine de la Société Française de Galvanoplastie, décidée par le groupe Albéa, entraîne la suppression de 68 emplois. Retour sur une décision qui ne passe pas.

Une annonce choc pour Bernaville
Le mardi 9 septembre 2025, la petite commune de Bernaville, située dans le nord de la Somme, a été frappée par une nouvelle difficile à encaisser : le groupe Albéa, géant mondial spécialisé dans l’emballage pour l’industrie cosmétique, a annoncé la fermeture immédiate de la Société Française de Galvanoplastie. La conséquence est lourde : 68 salariés perdront leur emploi.
Cette décision a été perçue comme particulièrement brutale par les élus locaux et les habitants, d’autant qu’aucun signe avant-coureur ne laissait présager une telle issue. En juin dernier, la direction du groupe avait pourtant affirmé que l’activité continuerait, alimentant l’incompréhension face à ce revirement inattendu.
Une série noire pour l’usine de Bernaville
La Société Française de Galvanoplastie n’en est malheureusement pas à son premier coup dur. Depuis le début des années 2000, elle a déjà connu deux plans sociaux massifs, l’un en 2005, et un autre en 2009, qui avait coûté leur emploi à 65 salariés. Les opérations de ce site industriel consistaient principalement à fabriquer des pièces métalliques pour l’industrie de la beauté, un secteur fortement touché par la délocalisation et la recherche constante de réduction des coûts.
La fermeture d’un site isolé comme celui de Bernaville soulève aussi des enjeux sociaux majeurs pour une commune rurale où l’emploi est déjà limité. Pour les habitants, cette usine n’était pas qu’un lieu de travail : c’était une institution, un lien économique et social vital.
Une vague d’indignation chez les élus locaux
Face au choc occasionné par cette annonce, plusieurs figures politiques de la région ont exprimé leur colère. Parmi elles, Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France, ainsi que Christelle Hiver, présidente du Département de la Somme, et Laurent Somon, sénateur de la Somme. Tous pointent du doigt une décision jugée « brutale » et critiquent l’absence totale de dialogue préalable avec les employés et les élus avant cette décision.
De son côté, la maire de Bernaville, Christelle Leclercq, déplore que le groupe n’ait engagé aucune concertation avec les acteurs locaux, laissant les salariés dans une totale incertitude.
Un appel à l’action et à la solidarité
Pour tenter de limiter les conséquences sociales de cette fermeture, les élus sollicitent l’intervention du préfet de la Somme. Ils demandent, dans un premier temps, la mise en place d’une réunion d’urgence entre la direction d’Albéa, les représentants des salariés et les collectivités locales. L’objectif : trouver un potentiel repreneur et élaborer des solutions de reclassement individuel pour chaque employé concerné.
Au-delà de ce cas précis, les élus dénoncent un phénomène récurrent dans les zones rurales. La désindustrialisation et la fermeture de sites jugés non rentables augmentent inexorablement les inégalités et précarisent des territoires déjà en difficulté.
Albéa : entre expansion mondiale et difficultés locales
Spécialisé dans la production d’emballages pour l’industrie cosmétique, le groupe Albéa est implanté dans plus de trente pays. Il emploie des milliers de personnes à travers le monde, avec des clients prestigieux dans l’univers de la beauté. Toutefois, cette dimension internationale met souvent en tension les sites industriels locaux, particulièrement en France, où les coûts de production sont élevés.
Malgré cet horizon global, le choix de fermer un site comme celui de Bernaville, pièce essentielle pour l’économie locale, remet en question les priorités du groupe en matière de responsabilité sociale.
À l’heure du bilan, quelle issue pour Bernaville ?
Si l’avenir semble incertain pour les salariés de Bernaville, la mobilisation des élus et des syndicats pourrait jouer un rôle déterminant. Les semaines à venir seront décisives pour tenter de sauver ce qui peut l’être, que ce soit par un repreneur ou via une reconversion adaptée des employés.
Pour les habitants de ce territoire rural, cette fermeture n’est pas seulement une perte économique, mais un marqueur de plus du combat quotidien pour maintenir une activité industrielle en milieu rural.
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