À Amiens, la colère monte parmi les élèves et enseignants de la cité scolaire. Confrontés à des températures hivernales dépassant rarement les 12°C dans leurs salles de classe, ces derniers dénoncent un réseau de chauffage vétuste qui rend les conditions d’apprentissage insupportables. Le lundi 13 janvier 2025, un mouvement de protestation s’est organisé aux portes de l’établissement, mettant en lumière une situation urgente et alarmante.

Une situation intenable dans les lycées d’Amiens
Depuis début décembre, l’hiver a pris ses quartiers dans la cité scolaire d’Amiens, qui regroupe trois établissements majeurs : les lycées Edouard Gand, Edouard Branly et Louis Thuillier. Avec plus de 4.000 élèves franchissant chaque jour ses portes, cette cité scolaire repose sur un réseau de chauffage central conçu dans les années 50, désormais obsolète.
Dans certaines salles de classe, le thermomètre n’affiche guère plus de 12°C, un constat accablant partagé par Dorothée, enseignante au lycée Edouard Gand : « Les élèves sont gelés, ce ne sont pas des conditions pour apprendre. Certains professeurs, comme moi, pensent sérieusement à arrêter de donner cours si rien n’est fait. »
Les étudiants en première ligne
Abigaël et Alycia, élèves en première au lycée Edouard Gand, ont décidé de ne plus rester muettes face à cette situation. Ce lundi 13 janvier 2025 dès 7 h 30, elles ont initié un rassemblement pacifique devant les grilles de leur lycée. Pour Alycia, cette mobilisation est une question de survie scolaire : « Le froid nous fatigue et impacte nos performances. Je suis obligée de venir avec plusieurs couches de vêtements, mais cela ne suffit pas. »
Ces conditions extrêmes ont également un impact sur leur santé. D’après Amanda, la mère d’Alycia, les conséquences vont au-delà de la simple gêne : « Elle est tombée malade plusieurs fois à cause de ces températures. Entre les frais médicaux et la démotivation, ça joue sur sa scolarité et son avenir. En 2025, c’est impensable qu’on puisse encore étudier dans de telles conditions ! »
Une mobilisation qui prend de l’ampleur
L’indignation des élèves ne se limite pas au lycée Edouard Gand. À Edouard Branly, les internes dorment avec des couvertures supplémentaires dans des chambres parfois chauffées à seulement 13°C. « Nous avons même dû fournir un chauffage d’appoint à ma fille », témoigne Élodie, une mère préoccupée par la santé de son enfant.
De son côté, au lycée Louis Thuillier, le problème est enraciné depuis des années, comme le déplore Jean-Christophe Momal, enseignant et représentant SNES-FSU : « Le réseau de chauffage est en bout de course. Des radiateurs sont hors-service depuis 2023. Nous avons signalé la situation à de nombreuses reprises, mais rien n’a changé. »
Un combat relayé sur les réseaux et dans les sphères politiques
Pour amplifier leur message, Alycia a créé un compte Instagram, où elle partage des témoignages et des relevés de température glaçants. En quelques jours, cet espace de revendication a rassemblé des centaines de soutiens, y compris d’anciens élèves, qui racontent avoir subi les mêmes problèmes.
Les enseignants et élèves espèrent désormais obtenir une réponse rapide de la Région Hauts-de-France, responsable des lycées. La vétusté du réseau de chauffage, pourtant bien connue, exige désormais une réhabilitation complète pour mettre fin à cette situation intolérable.
Une urgence pour l’éducation et la santé
La mobilisation des élèves et des enseignants met en lumière un problème plus vaste, au-delà de ces murs : l’état des infrastructures scolaires en France. En attendant une prise en charge régionale, les élèves, de plus en plus déterminés, continuent de braver les températures et de se battre pour que leurs voix soient entendues. Pour Alycia, l’espoir demeure : « Ce n’est pas qu’un combat pour nous, mais pour les générations futures. »
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