Depuis dimanche, la région Picardie est en proie à une importante mobilisation syndicale. Les cheminots protestent contre le transfert de nombreuses lignes TER sous le contrôle d’une filiale de la SNCF, un bouleversement qui affecte le quotidien des usagers et plonge le secteur dans l’incertitude. Ce mardi 17 décembre 2024, seuls deux TER sur cinq circuleront, intensifiant les perturbations sur les rails.

Une région paralysée par la mobilisation des cheminots
En Picardie, les grèves continuent d’impacter fortement la circulation ferroviaire. À l’origine de ce mouvement social, la récente ouverture à la concurrence de l’Étoile d’Amiens, qui a entraîné le transfert d’une dizaine de lignes TER à une filiale de la SNCF Voyageurs. Ce changement stratégique, effectif depuis dimanche, suscite de vives inquiétudes parmi les cheminots. Selon eux, cette transition a été menée sans concertation suffisante ni préparation adéquate.
En réaction, les syndicats ont reconduit le mouvement, avec des perturbations particulièrement marquantes dans les départements de la Somme, de l’Aisne et de l’Oise. Les prévisions de la SNCF annoncent seulement 2 TER sur 5 en circulation ce mardi, laissant de nombreux voyageurs en quête d’alternatives pour se déplacer.
Des lignes stratégiques concernées par les perturbations
Parmi les principales lignes impactées figurent pas moins de neuf axes emblématiques, identifiés par des codes tels que K20, P10, P20 et P30. Ces lignes, qui structurent une partie importante de la mobilité en Picardie, pâtissent directement de la reconduction du mouvement social.
Les syndicats dénoncent également une “mise en concurrence brutale” ayant pour conséquence une pression accrue sur les conditions de travail du personnel navigant et d’entretien. “Nous craignons que cette ouverture ne profite ni aux cheminots, ni aux usagers, mais uniquement à une logique de rentabilité”, déclare un représentant syndical.
Une inquiétude grandissante pour les usagers et les employés
Du côté des voyageurs, les perturbations sur le réseau TER provoquent stress et frustration, surtout à l’approche des congés de fin d’année. Certains redoutent de ne pas pouvoir rejoindre leurs proches pour les fêtes, tandis qu’un climat d’incertitude s’installe durablement.
Quant aux employés de la SNCF, le sentiment est partagé entre crainte et colère. Le passage des lignes sous le pavillon d’une filiale marque, selon eux, un changement de paradigme dont les conséquences à long terme restent floues, tant pour leurs conditions de travail que pour celles des usagers.
Une grève qui interroge sur l’avenir du ferroviaire en région
Cette mobilisation révèle des enjeux profonds pour l’avenir du transport ferroviaire régional en France. L’ouverture à la concurrence, saluée par certains comme un levier pour dynamiser l’offre, est perçue par d’autres comme une menace pour la pérennité du service public. En Picardie, la bataille entre syndicats et direction de la SNCF pourrait bien se prolonger au-delà de cette semaine agitée, à moins que des négociations fructueuses ne viennent apaiser les tensions.
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