Ivre en public à Compiègne : payez 150 € pour les frais de police

Ivre sur la voie publique ? Dans cette ville de l’Oise, cela pourrait vous coûter 150 euros de plus

En état d’ivresse dans les rues de Compiègne ? Faites attention : dès le 21 décembre 2024, une nouvelle mesure prévoit une facturation de 150 euros pour toute intervention de la police municipale liée à une ivresse publique manifeste. Une décision qui fait débat.

Ivre en public à Compiègne : payez 150 € pour les frais de police
Ivre en public à Compiègne : payez 150 € pour les frais de police

« Boire ou payer, il va falloir choisir ! » À Compiègne (Oise), les personnes interpellées en état d’ivresse publique risquent désormais de se retrouver non seulement avec un mal de crâne, mais aussi avec une addition salée. Dès le 21 décembre 2024, le maire Philippe Marini et son conseil municipal pourraient instaurer une facturation forfaitaire de 150 euros pour couvrir les frais liés à ces interventions, en plus des amendes légales déjà en vigueur.

Compiègne veut responsabiliser les contrevenants

Cette mesure vise à compenser les coûts engendrés par les interventions. Jusqu’à présent, lorsqu’une personne en état d’ivresse manifeste était repérée, la police municipale devait mobiliser plusieurs agents pour l’escorter soit au commissariat, soit à l’hôpital. Une opération longue et coûteuse.

Selon Philippe Marini, maire de Compiègne depuis 1987, « chaque intervention dure en moyenne entre deux et trois heures et nécessite la présence de deux à trois agents. Ces ressources humaines et matérielles ont un coût, et il est légitime que les responsables en assument une partie. »

En 2024, déjà 22 personnes ont été conduites en cellule de dégrisement ou transportées aux urgences par la police municipale. Afin de réduire l’impact financier de ces actes sur la collectivité, ce forfait de 150 euros pourrait être adopté dès le prochain conseil municipal, prévu le 20 décembre. S’il est validé, il entrera en vigueur dès le lendemain.

Déjà une facture salée, mais ce n’est pas tout

Attention, cette facture de 150 euros n’épargnera pas les contrevenants de l’amende classique pour ivresse publique manifeste, d’un montant légal compris entre 35 et 150 euros selon les situations. En cumulant les deux, les soirées trop arrosées dans les rues de Compiègne pourraient coûter, très rapidement, plusieurs centaines d’euros.

Le maire insiste néanmoins : « Cette nouvelle mesure n’a pas pour objectif de remplir les caisses de la Ville, mais bien de responsabiliser les citoyens. C’est une question de principe : celui qui trouble l’ordre public doit en payer les frais. »

Une mesure qui fait débat

Si l’idée a séduit certains habitants soucieux de voir la tranquillité des rues renforcée, elle suscite aussi des critiques. Sophie, une résidente de Compiègne de 34 ans, s’inquiète : « C’est peut-être un peu excessif. Est-ce que cette mesure va vraiment dissuader les gens ? Beaucoup d’entre eux ne paieront tout simplement pas. »

D’autres soulignent toutefois l’intérêt du dispositif. Guillaume, gérant d’un café de la ville, partage son avis : « L’ivresse publique, c’est aussi une question de sécurité. Si ces sanctions marchent, c’est tout bénéfice pour les habitants et les commerçants comme nous. »

Une tendance en expansion

Compiègne n’est pas seule dans cette démarche. Certaines villes comme Vernon (Eure) ont déjà mis en place des mesures similaires avec des tarifs de 120 euros. À travers le pays, plusieurs municipalités semblent suivre cette tendance de responsabilisation financière pour lutter contre les comportements inciviques, notamment l’ivresse manifeste en public. Une question à laquelle tous les Français pourraient être bientôt confrontés.

La gueule de bois à un prix… qui pourrait augmenter

Derrière cette nouvelle mesure se cache une véritable réflexion sur le rôle des services publics. Jusqu’où doivent-ils supporter financièrement les conséquences des comportements individuels ? Ce qui est certain, c’est que les fêtards de Compiègne devront désormais réfléchir à deux fois avant de sombrer dans l’excès.

En plaçant les responsabilités (et les frais) entre les mains des contrevenants eux-mêmes, cette démarche ouvre un débat plus large sur la gestion des désordres publics et pourrait bien inspirer d’autres communes. Alors, qui sera le prochain à franchir le pas ?

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Jacques Durocher

Jacques Durocher, Journaliste indépendant ! Habitant de l'Oise, je m'intéresse à l'actualité Isariennes et partage mes articles sur différents médias numérique et sur mon propre blog où j tente de répondre aux interrogations des français !

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