effondrement toit eglise ault

Le plafond de l’église d’Ault s’effondre : un patrimoine en péril

Ault, petite commune face à la Manche, a vu son église du XIVe siècle subir un coup de plus à son histoire. Le plafond du chœur s’est effondré, mettant en lumière la fragilité de cet édifice emblématique et les défis colossaux de sa restauration.

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Un désastre matinal au cœur du patrimoine

Le dimanche 31 août 2025, au petit matin, un événement inattendu a frappé la commune d’Ault, située dans les Hauts-de-France. Une partie du plafond du chœur de sa célèbre église médiévale s’est effondrée. Heureusement, l’église, pourtant lieu de vie vibrant pour la communauté locale, était vide au moment des faits et aucun blessé n’est à signaler. Ce sont les membres de l’association Les Amis du Beffroi, en charge de l’entretien et des visites, qui ont été les premiers à constater les dégâts.

Mireille Laplace, trésorière de l’association, se dit profondément bouleversée : « Je suis très choquée. Cette église est un lieu de mémoire pour tant de familles. Voir cela, c’est un crève-cœur. »

Des blocs de plâtre sont tombés directement sur l’autel, créant un trou important dans le plafond de ce lieu de culte, qui porte presque sept siècles d’histoire. La municipalité, en réaction immédiate, a décidé de fermer le site au public et d’annuler toutes les cérémonies religieuses jusqu’à nouvel ordre.

Une restauration déjà en cours, mais des défis financiers majeurs

Cet effondrement intervient alors que d’importants travaux de rénovation avaient récemment débuté pour tenter de sauver cette église en péril. Le chantier initial, engagé en juin, se concentrait sur des secteurs considérés comme critiques, notamment la charpente et une partie de la couverture. Cette première phase est déjà estimée à plus de 700 000 euros, mais les récents dégâts viendront indéniablement alourdir la facture globale, qui pourrait dépasser les 10 millions d’euros.

Malgré le soutien financier apporté par l’État, le Département et d’autres partenaires, la municipalité d’Ault, qui compte seulement 1 400 habitants, doit encore assumer 18 % des coûts. Un fardeau financier qui inquiète le maire et son équipe. « Nous sommes une petite commune avec un budget à l’équilibre. Ce nouvel incident va bouleverser nos prévisions », confie un élu.

Une mobilisation insuffisante ? Un patrimoine en sursis

Les habitants et les visiteurs se questionnent désormais sur un éventuel manque d’entretien dans le passé. Sur les réseaux sociaux, certains pointent du doigt les précédentes municipalités, accusées d’avoir négligé les besoins urgents de l’édifice. Pourtant, des efforts avaient été faits pour sensibiliser la population et les touristes via des visites organisées par l’association Les Amis du Beffroi. Ces initiatives avaient rencontré un franc succès, attirant des curieux désireux de découvrir ce bijou historique menacé.

L’effondrement, survenu dans une zone jusque-là jugée sans risques immédiats, souligne la gravité de la situation. Alain Nicquet, adjoint au maire chargé de la culture, rappelle cependant que toutes les interventions dans ce type de bâtiment doivent être validées après concertation avec les techniciens compétents. « Nous avions le feu vert pour ces visites et avions pris toutes les précautions nécessaires. Aujourd’hui, c’est tout l’édifice qui est interdit d’accès », regrette-t-il.

Quelle suite pour l’église d’Ault ?

Pour l’heure, des étaiements sont prévus afin de sécuriser la structure et prévenir de nouveaux sinistres. Une réunion cruciale avec l’architecte des bâtiments de France doit se tenir le vendredi 5 septembre pour examiner les causes de l’effondrement et définir les prochaines étapes.

Sans surprise, cet incident devrait entraîner une révision complète des priorités pour les travaux, mais aussi chercher des financements supplémentaires auprès de la Région, du Département ou encore de mécènes privés. Les projets de restauration déjà complexes risquent désormais de s’éterniser sur plusieurs années.

Les habitants de cette commune fière de son patrimoine, à l’image de Mireille Laplace, espèrent cependant que l’église retrouvera sa splendeur d’antan. Car, comme le rappelle cette amoureuse des vieilles pierres, « Un village sans son église, c’est une âme qui disparaît. »

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Nicolas

Auteur et journaliste indépendant ! Passionné de balade en vélo dans la baie de Somme (le plus beau paysage du monde ;-)) - Picard de coeur !

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