L’eaux souterraines en Picardie connaissent une recharge progressive après un hiver pluvieux, néanmoins les effets des années de sécheresse laissent toujours une empreinte. Malgré un niveau globalement stable, l’appréhension d’un été sec continue de hanter ses habitants.

L’humidité constante de la saison froide a offert un peu de répit aux bassins phréatiques de la Picardie, vidés par l’été sec de 2023. Pourtant, l’inquiétude persiste dans la région face à la potentialité d’un autre été aride et ses graves conséquences.
Selon les données dévoilées par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) à la mi-avril, le bilan de cette saison automne-hiver est optimiste. Les réservoirs d’eau souterraine de la Somme et de l’Aisne se maintiennent à des niveaux normaux, tandis que ceux de l’Oise s’améliorent sensiblement. Par ailleurs, des anomalies sont toujours notées sur certains sites, nécessitant une vigilance accrue en prévision de la saison chaude.
“On a encore la cicatrice d’une mauvaise recharge de 2023, suivi d’un été sec où on a failli épuiser la nappe.On est mieux, mais pas encore bien,” exprime Philippe Cheval, président du SIEP du Santerre.
La nature des sols en Picardie dont la capacité d’absorption est relativement lente, ralentit considérablement la régénération de ces nappes dites inertielles, créant un décalage entre les pluies et l’effet attendu.
En revanche, certaines régions montrent des signes inquiétants. C’est le cas du sud de la Somme et de zones dans l’Oise, où les niveaux des nappes phréatiques demeurent modérément bas.
Pour pallier les effets du dérèglement climatique prévu pour les prochaines années, un travail d’anticipation et d’adaptation des pratiques est primordial. Les prévisions pour le bassin hydrologique “Artois-Picardie” sont en effet alarmantes avec une baisse de pluviométrie attendue entre 5% et 10% occasionnant une diminution du débit des rivières entre 25% et 45%.
État des nappes d’eau souterraine au 1er avril 2024
— BRGM (@BRGM_fr) April 16, 2024
Que retenir ?
64% des niveaux sont en hausse (57% en février)
27% des niveaux sont sous les normales mensuelles (36% le mois dernier et 75% en 2023)
La recharge est excédentaire sur la quasi-totalité du territoire pic.twitter.com/zEAlM8QKC9
L’autre menace qui pèse sur la qualité de l’eau est l’intensification des polluants, en particulier des pesticides. En Picardie, certains captages d’eau potable exigent une vigilance constante de par la hausse importante des concentrations de ces substances nocives.
Les prochains mois s’annoncent donc cruciaux pour la gestion de cette ressource essentielle. Une pluviométrie conséquente au printemps serait la bienvenue pour assurer un été en sécurité.
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