Hermes (Oise), samedi 16 août 2025. Dans un appartement de seulement quarante mètres carrés, l’insoutenable promiscuité dissimulait une misère animale inimaginable. Cinquante-deux animaux de toutes espèces — chiens, chats, reptiles, rongeurs — vivaient dans des conditions de maltraitance extrême, sans nourriture ni eau, piégés par l’insalubrité. Une intervention conjointe de l’association Action Protection Animale et des forces de gendarmerie a permis de les sauver in extremis.

Une intervention à la limite de l’urgence
Alertés par des riverains intrigués par l’apparence famélique de certains animaux croisés à proximité, les gendarmes accompagnés de membres de l’association Action Protection Animale ont pénétré dans cet appartement situé à Hermes, petite commune près de Beauvais. Une fois à l’intérieur, la scène était insoutenable : des chiens aux os apparents, enfermés dans des cages étroites ; des rongeurs affamés dans des boîtes sans aération ; des reptiles entassés dans des conditions inadéquates. Tous montraient des signes de déshydratation, de malnutrition et de maladies graves.
Des chiffres glaçants
Parmi les animaux saisis, on comptait 7 chiens, tous de races imposantes comme des malinois ou des rottweilers, 17 chats, 9 rats, ainsi qu’une multitude d’animaux plus exotiques : chinchillas, serpents, tortues, geckos et même un pogona. Beaucoup n’auraient pas survécu encore longtemps dans de telles conditions. « Tous étaient dans un état de cachexie avancée, et deux chiens souffrent de blessures graves, dont une chienne atteinte d’une fracture déplacée, actuellement hospitalisée en urgence », explique Anne-Claire Chauvancy, présidente de l’association.
Une mobilisation pour la survie des victimes
Une fois extirpés de cet enfer, les animaux ont été dirigés vers des refuges et structures adaptées : les chiens ont rejoint des pensions, les rongeurs ont été confiés à une association spécialisée, tandis que les reptiles ont été transférés en Belgique dans un sanctuaire dédié. Malgré ces efforts, l’état de santé critique de certains d’entre eux laisse planer une incertitude : un chat n’a pas survécu, et des animaux restent sous surveillance vétérinaire intensive.
Une enquête pour cruauté animale
Cette affaire ne s’arrête pas là. Une plainte a été déposée pour acte de cruauté et abandon volontaire. Une garde provisoire a été attribuée à l’association en attendant un jugement qui pourrait définitivement leur offrir une nouvelle vie. Mais l’intervention a également soulevé des interrogations : comment une famille a-t-elle pu laisser la situation dégénérer à ce point ?
« Ils récupéraient essentiellement les animaux sur Leboncoin, souvent gratuitement, et semblaient ignorer leur incapacité à en prendre soin. Peut-être s’agissait-il d’un pur syndrome de Noé, ou d’une démarche mercantile liée à la reproduction des bêtes », suggère Anne-Claire Chauvancy, déplorant le manque de vigilance de certains propriétaires dans le choix des familles adoptantes.
Le cri d’alerte des associations
Cette opération rappelle une problématique récurrente : l’importance de confier les animaux à des adoptants responsables. L’association appelle à une plus grande sensibilisation des donneurs, notamment sur des plateformes comme Leboncoin, où des animaux domestiques changent de main sans contrôle. « Trop souvent, ce genre de situations dramatiques découle d’un abandon de responsabilité de la part des anciens propriétaires », conclut la présidente, indignée par ces scènes de cruauté.
Bien que sauvés, les cinquante-deux animaux d’Hermes se relèveront lentement des séquelles physiques et psychologiques de ces années de négligence. Et tandis qu’ils amorcent leur réhabilitation, c’est désormais à la justice de faire la lumière et de sanctionner les responsables d’une maltraitance qui choque encore une fois.
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