pfas en picardie

« PFAS en Picardie : “Scandale sanitaire” ou simple alerte ? Ces chiffres qui secouent l’Aisne, l’Oise et la Somme »

En Picardie, l’inquiétude monte. Après le vote au Sénat visant à interdire les PFAS – surnommés « polluants éternels » – la question de leur présence massive dans l’Aisne, l’Oise et la Somme secoue les habitants. Ces substances chimiques, utilisées depuis des décennies dans l’industrie et les emballages alimentaires, résistent à la dégradation et s’accumulent dans l’environnement… et dans l’organisme humain.

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« Nous sommes face à un scandale sanitaire »

Un médecin amiénois lance l’alerte :

« Ces substances ne disparaissent jamais, elles s’accumulent dans le sang. Nous sommes face à un scandale sanitaire comparable à l’amiante. »

En Picardie, plusieurs analyses menées ces dernières années révèlent des taux inquiétants dans les sols, les rivières et parfois même l’eau potable. Certaines communes redoutent des restrictions à venir, voire des fermetures de captages.

Trois départements sous surveillance

  • Dans l’Oise, des associations pointent du doigt les rejets industriels historiques, notamment dans la vallée de la Bresle.
  • Dans la Somme, les zones agricoles sont particulièrement exposées, du fait de l’utilisation d’engrais et de boues contenant des résidus.
  • Dans l’Aisne, c’est l’eau potable qui inquiète : des analyses menées en 2023 ont montré des dépassements proches des seuils européens.
Territoire / siteType de prélèvement / contexteConcentration PFAS mesuréeSeuil réglementaire / remarqueSource / commentaire
Région Hauts-de-FranceCaptages eau brute & distribuée (vague 1)< seuil qualité (0,1 µg/L)pour somme de 20 PFAS : 0,1 µg/L pour eaux distribuées ARS Hauts-de-Franceanalyses sur 14 prélèvements dans l’Oise et la Somme ARS Hauts-de-France
Région Hauts-de-France174 points (vague 2)quasiment tous conformesmême seuil (0,1 µg/L)seule une situation a exigé action correctrice, les autres étaient conformes ARS Hauts-de-France
Région Hauts-de-France3ᵉ vague : > 300 sites près d’industries4 non-conformitésseuil 0,1 µg/Lles dépassements ont été traités rapidement par les exploitants ARS Hauts-de-France
Rivière Oise (site industriel Villers-Saint-Paul)Prélèvements dans la rivière / exutoiresjusqu’à 3 000 ng/L (= 3 µg/L) pour un composé PFAS (6:2 FTS)dépasse largement les niveaux en amontsuivi de l’association Générations Futures, relevé 19 avril 2023 Générations Futures
Eau du robinet (France, données nationales)valeurs moyennes par département / communesmoyenne 0,014 µg/L (2024)seuil : 0,1 µg/L pour la somme de 20 PFAS data.gouv.frces valeurs nationales donnent un ordre de grandeur pour les zones concernées data.gouv.fr
Contrôle ARS – 3ᵉ vagueEau distribuée / brute< seuil de qualité (0,1 µg/L)seuil : 0,1 µg/Lrésultats disponibles dans le rapport de l’ARS Hauts-de-France ARS Hauts-de-France

Observations et limites

  • Le seuil réglementaire actuellement en vigueur pour la somme de 20 PFAS dans l’eau distribuée est 0,10 µg/L (0,1 microgramme par litre).
  • Dans la majorité des prélèvements menés par l’ARS Hauts-de-France (vagues 1 à 3), les concentrations détectées restent sous ce seuil, à l’exception de quelques cas de non-conformité qui ont été corrigés.
  • Le cas de la rivière Oise est spectaculaire : la concentration de 3 000 ng/L (soit 3 µg/L) pour un seul composé (6:2 FTS) est environ 30 fois supérieure au seuil réglementaire pour la somme de PFAS dans l’eau distribuée, soulignant le caractère localisé mais grave des rejets industriels.
  • Les données “moyennes nationales / départementales” donnent des indicateurs de contexte, mais il faut rester prudent : certains réseaux locaux peuvent présenter des pics ou des dépassements non visibles dans les moyennes.

Les familles rurales en première ligne

Pour les familles vivant en zone rurale, la peur est bien réelle. « Nous buvons cette eau depuis des années. Que va-t-on devenir ? », s’interroge une mère de famille près de Péronne. Les associations de consommateurs réclament des contrôles systématiques, mais aussi un fonds d’indemnisation pour les victimes, à l’image de ce qui a été fait pour l’amiante.

Quelle suite après le vote au Sénat ?

L’interdiction des PFAS a été votée, mais elle ne sera effective qu’à partir de 2030, avec des dérogations possibles pour certaines industries. Trop tard, selon les écologistes :

« Les habitants de Picardie sont déjà exposés depuis des décennies. Attendre 2030, c’est sacrifier encore une génération. »

En attendant, plusieurs communes envisagent de changer leurs filières d’approvisionnement en eau et de renforcer la communication auprès des habitants.

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Jacques Durocher

Jacques Durocher, Journaliste indépendant ! Habitant de l'Oise, je m'intéresse à l'actualité Isariennes et partage mes articles sur différents médias numérique et sur mon propre blog où j tente de répondre aux interrogations des français !

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