À Grandcourt, près d’Eu, une affaire de culture de cannabis a mené un père de famille devant la justice. L’histoire, marquée par la découverte d’armes et d’une importante somme d’argent liquide, a mis en lumière un contexte complexe entre addiction, surendettement et récidive.

Une perquisition qui déclenche une procédure judiciaire
Dans le calme apparent de Grandcourt, à la frontière entre Eu et Londinières, les gendarmes ont fait une découverte pour le moins inattendue. Suite à une dénonciation de voisins, une perquisition est menée le 12 juillet 2021, au domicile d’un homme de 44 ans. Les résultats parlent d’eux-mêmes : cinq pieds de cannabis, un fusil à canon scié, un pistolet d’alarme, ainsi qu’une grosse somme d’argent en liquide sont retrouvés.
Interrogé sur la provenance des armes, le prévenu explique les avoir achetées auprès de “gens du voyage”, justifiant cet achat par une peur grandissante liée aux faits divers rapportés dans l’actualité. Cependant, le contexte et son passé judiciaire ne jouent pas en sa faveur.
Recycler les excuses, entre consommation personnelle et surendettement
Lors de son audience devant le tribunal de Dieppe, le 19 novembre 2021, l’homme tente de relativiser les faits. Il clame cultiver le cannabis uniquement pour sa consommation personnelle, une habitude remontant à l’âge de 14 ans, tout en reconnaissant son incapacité à arrêter malgré des traitements de substitution.
Concernant l’argent en liquide retrouvé à son domicile, il déclare que cette somme visait à éviter des ponctions bancaires dues à son surendettement. Toutefois, son casier judiciaire, déjà entaché de condamnations pour trafic de stupéfiants, interroge davantage les juges. La situation devient encore plus délicate lorsque l’un des fusils saisis est localisé sur sa table de chevet, mettant ses enfants en potentiel danger. Face aux inquiétudes exprimées par la présidente du tribunal, il se justifie maladroitement : « Je ne laisse les armes accessibles que la nuit, puis je les range sur mon armoire au petit matin. »
“Arrêtons de nous réfugier derrière des excuses”
Dans cette affaire, le procureur Jérémy Hamers n’a pas mâché ses mots. Irrité par les explications offertes par le prévenu, il a dénoncé son comportement qu’il estime irresponsable. « Arrêtons de nous réfugier derrière des éléphants roses ! Le cannabis détruit la perception et met en danger la santé physique et mentale », insiste le représentant du ministère public.
Les réquisitions sont sans appel : neuf mois de prison ferme, à exécuter sous bracelet électronique, assortis de neuf mois de prison avec sursis probatoire renforcé. Ce dernier inclut, sur une période de deux ans, l’obligation de soins psychiatriques et addictologiques, ainsi qu’une interdiction stricte de posséder une arme durant trois ans.
Une condamnation stricte pour un dossier à part
Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur, montrant une certaine fermeté face à cet individu. Si le prévenu met en avant son addiction de longue date et ses difficultés financières, la justice a tranché en considérant que les faits relevés dépassaient largement la tolérance vis-à-vis d’une consommation personnelle. Entre son passé, les armes découvertes au domicile et les montants en jeu, cette affaire reflète les répercussions multiples d’une consommation non maîtrisée sur le plan personnel, familial et judiciaire.
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