Dans la Somme, les restrictions d’eau se durcissent avec la vigilance sécheresse renforcée sur la zone de La Maye. Les agriculteurs doivent s’adapter pour sauver leurs récoltes, face à un été qui s’annonce brûlant.

Une vigilance renforcée face à une pluviométrie insuffisante
Dans le département de la Somme, la préfecture a placé 23 communes, dont celles situées dans la vallée de La Maye, en niveau 2 sur 5 de vigilance sécheresse renforcée. Cette décision, officialisée ce lundi 23 juin 2025, découle d’un mois de mai exceptionnellement sec, avec une pluviométrie largement insuffisante pour répondre aux besoins des cultures. Les agriculteurs de la région, déjà sous pression, doivent réduire leur consommation d’eau et repenser leur organisation.
Ajuster l’irrigation : un casse-tête pour les agriculteurs
Parmi les exploitants impactés, Emmanuel Trouart, agriculteur à Arry, cultive près de 120 hectares, destinés à la fois à l’élevage et à l’industrie agroalimentaire. Avec ces nouvelles restrictions, il doit composer avec une réduction de 17 % sur le volume d’eau qui lui est attribué annuellement. Ses solutions ? Privatiser l’arrosage nocturne et prioriser certaines cultures comme les pommes de terre et les carottes, qui en sont à un stade critique de leur développement.
Mais ces ajustements pourraient ne pas suffire. “Suivant l’avancement des besoins en eau, il est possible que je ne puisse pas irriguer les haricots, que je devais planter fin juin ou début juillet”, déplore Emmanuel Trouart. Les contraintes liées à la gestion de l’eau remettent en question non seulement la productivité de son exploitation, mais aussi son équilibre économique.
Maraîchage : un secteur sous tension
À Crécy-en-Ponthieu, l’inquiétude est tout aussi vive chez Dominique Morel, maraîcher exploitant trois hectares. Cultivant principalement des légumes comme les carottes, les échalotes ou les pommes de terre, il redoute une montée en puissance des fortes chaleurs. “Pour le maraîchage, sans eau, c’est tout simplement impossible”, confie-t-il.
Malgré ses efforts pour maintenir la survie de ses cultures en arrosant au compte-gouttes, les vagues de chaleur persistantes et le manque de précipitations compliquent considérablement son quotidien. “Le gros problème, ce sont les températures extrêmes”, ajoute-t-il. Pour Dominique, la pluie reste l’unique espoir, même si les précipitations de juin se sont révélées dérisoires, avec seulement 2 millimètres relevés dans son village.
Une résilience face aux défis climatiques
Malgré la gravité de la situation, les agriculteurs de la vallée de La Maye restent résilients. “Ça va s’arranger, ça s’arrange toujours”, affirme Dominique Morel avec optimisme. Cet état d’esprit tenace illustre la capacité d’adaptation de ces professionnels, en quête constante de solutions pour faire face aux défis climatiques.
Toutefois, ces premiers épisodes critiques de sécheresse en 2025 interrogent sur l’avenir de l’agriculture dans des zones sensibles comme celle de la Somme. Si les restrictions d’eau tendent à devenir une norme, un soutien accru, tant financier que technique, semble essentiel pour accompagner ces acteurs du territoire dans leur transition vers des pratiques plus respectueuses des ressources hydriques.
Une sécheresse annonciatrice d’enjeux cruciaux
Dans un monde confronté au réchauffement climatique, la sécheresse devient un défi auquel les agriculteurs de la Somme ne peuvent échapper. Forcés de s’adapter à des conditions de plus en plus imprévisibles, ils s’emploient à gérer au mieux leurs ressources pour préserver leurs récoltes… et leur avenir.
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