Un vent d’inquiétude souffle sur les écoles de la Somme. Ce vendredi, l’inspection académique d’Amiens a officialisé la suppression de 25 classes à partir de la rentrée de septembre 2025. Une décision, justifiée par des ajustements démographiques, qui touche de nombreuses communes rurales et urbaines.

Une réorganisation de la carte scolaire au cœur des débats
Ce matin, la direction académique des services départementaux de l’Éducation nationale (Dasen) de la Somme a dévoilé la future carte scolaire. 25 classes fermeront leurs portes, contre six ouvertures prévues. Ces annonces marquent un tournant fort dans l’organisation scolaire du département et suscitent déjà des interrogations chez les élus locaux, les parents d’élèves et les enseignants.
La décision a été prise en tenant compte des enjeux démographiques et budgétaires, selon l’inspection académique. Les fermetures annoncées concernent aussi bien de petites communes rurales que des établissements situés dans des zones urbaines comme Abbeville, Amiens ou Montdidier. À l’inverse, certains territoires verront des classes maintenues ou des ouvertures ciblées pour répondre à des besoins spécifiques.
Détails des fermetures : un impact local inégal
Les établissements concernés par ces fermetures sont nombreux et répartis sur l’ensemble du département. Parmi les écoles touchées, on retrouve notamment des sites emblématiques comme :
- Amiens (Saint-Pierre, Faubourg-de-Beauvais, Les Violettes, Elbeuf…),
- Montdidier (Cité-du-Nord),
- Abbeville (Les Poulies),
- Mers-les-Bains,
- Plusieurs RPI (Regroupements Pédagogiques Intercommunaux) comme celui de Frettemeule – Vismes-au-Val ou celui de Vaux-sur-Somme – Vaire-sous-Corbie.
Ces suppressions répondraient à une baisse des effectifs dans certains secteurs, mais elles laissent planer la menace d’un affaiblissement du maillage éducatif, en particulier dans les zones rurales. À titre d’exemple, le RPI de Lanchères – Brutelles verra également disparaître des classes, au grand désarroi des petits villages concernés.
| Situation | Écoles concernées |
|---|---|
| Fermetures de classes | |
| Abbeville | Les Poulies |
| Albert | Paul Langevin |
| Amiens | Saint-Pierre, Georges Quarante, Elbeuf, Les Violettes, Faubourg-de-Beauvais |
| Camon | Paul Langevin |
| Dury | – |
| RPI Frettemeule – Vismes | Tilloy-Floriville – Maisnières |
| RPI Fricourt – Mametz | Bécordel-Bécourt |
| Friville-Escarbotin | Élémentaire Guillaume Apollinaire |
| RPI Glisy – Blangy | Tronville |
| Ham | Jules Verne |
| RPI Lanchères – Brutelles | – |
| Martainneville | Primaire |
| Mers-les-Bains | – |
| Montdidier | Cité-du-Nord |
| Péronne | Mont-Saint-Quentin |
| Pont-de-Metz | Pierre et Marie Curie |
| RPI Quesnoy-sur-Airaines | Warlus |
| Roye | Yvette et René Fontaine |
| Saint-Ouen | – |
| RPI Vaux-sur-Somme | Vaire-sous-Corbie – Hamelet – Le Hamel |
| Villers-Bretonneux | Saint-Exupéry |
| Classes épargnées | |
| Sailly-Flibeaucourt | – |
| Liomer | – |
| Senarpont | – |
| RPI Sailly-Laurette | Cerisy – Morcourt – Sailly-le-Sec |
Quatre écoles épargnées, un espoir pour certains établissements
Malgré ce bilan très négatif, quelques établissements de la Somme échappent de justesse à la réforme. Sailly-Flibeaucourt, Liomer, Senarpont et un autre RPI entre Sailly-Laurette et Sailly-le-Sec voient leur situation maintenue. Ces décisions offrent pour ces écoles un souffle temporaire, permettant à la communauté éducative de prolonger le dialogue avec l’académie.
Une mobilisation à venir ?
La décision de modifier cette carte scolaire pourrait provoquer des tensions, voire des mobilisations. La fermeture d’une classe, surtout en milieu rural, n’impacte pas uniquement les dynamiques scolaires, mais également la vitalité des communes : moins d’élèves impliquent souvent moins de jeunes familles s’installant dans ces secteurs.
Les parents d’élèves, les enseignants et certains élus locaux pourraient ainsi militer pour obtenir un réexamen des priorités d’ici la rentrée prochaine. Le directeur académique a d’ailleurs laissé entendre que des “ajustements” pourraient encore être réalisés durant cette période, dans un souci d’équilibrer les ressources disponibles ou de répondre à des enjeux de dernière minute.
Une école en mutation
Alors que l’éducation nationale fait face à des défis multiples, la réorganisation scolaire dans la Somme illustre les tensions entre impératifs démographiques, financiers et éducatifs. Derrière ces mesures se cache une question essentielle : comment garantir un accès égal à l’éducation pour tous, tout en composant avec des contraintes croissantes ?
Les semaines à venir pourraient être décisives, alors que les communautés locales tentent de préserver leurs écoles face à ces décisions souvent perçues comme brutales.
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