Dans le sillage d’un énième rodéo urbain dans le quartier de Saultemont, à Pont-Sainte-Maxence, la municipalité renforce son arsenal répressif. Une plainte sera désormais déposée systématiquement pour contrer ces pratiques dangereuses.

Un quartier pris en otage par des rodéos motorisés
Pont-Sainte-Maxence, vendredi 21 mars, 16h : alors que le soleil éclaire l’après-midi ordinaire du quartier de Saultemont, une scène d’un autre genre s’impose. Une bande de jeunes, au guidon de motos-cross, perturbe la tranquillité des lieux en multipliant courses effrénées, levées de roue périlleuses et accélérations intempestives. L’incident atteint son apogée lorsqu’un véhicule de la police municipale intervient, mais la bande parvient à esquiver l’interception, filant à travers le skate-park et l’allée proche des écoles primaires Fabre d’Églantine et Paul Langevin, où des parents attendaient leurs enfants.
Ce climat de tension illustre l’ampleur du problème. Les caméras de vidéoprotection et les témoignages de voisins, rapidement collectés par les forces de l’ordre, ont toutefois permis d’identifier les protagonistes de cet acte.
Une réponse musclée voulue par le maire
Face à cette situation, le maire de la commune, Arnaud Dumontier, ne cache ni son indignation ni sa détermination : « Je ne tolérerai pas que l’on mette en danger la vie de personnes innocentes. Ce genre d’agissements doit être puni fermement, affirme-t-il. » Engagé depuis 2014 dans un combat contre la délinquance routière, l’édile a décidé d’établir une règle claire : tolérance zéro face aux rodéos urbains.
La mairie annonce ainsi qu’à chaque rodéo signalé, une plainte sera déposée systématiquement. Le recours à la vidéoverbalisation s’impose comme un outil clé dans cette lutte. Grâce aux images de surveillance, les délinquants routiers peuvent être identifiés même sans être pris sur le fait. Un appel à la vigilance citoyenne a également été lancé : les riverains sont invités à signaler tout comportement suspect en appelant le 03 44 72 07 17.
Une stratégie répressive inédite : responsabiliser les familles
Dans une démarche inédite, Arnaud Dumontier envisage même d’impliquer les parents des jeunes impliqués dans ces actes. En coopération avec l’OPAC de l’Oise, l’élu étudie la possibilité de lier ces comportements aux baux des logements sociaux où résideraient les familles des contrevenants. Objectif : inciter à la prévention et à la responsabilisation collective.
Un phénomène national, un enjeu local
Les rodéos urbains ne se limitent pas à Pont-Sainte-Maxence. Ce phénomène touche, depuis des années, de nombreuses communes françaises, devenant un vrai casse-tête pour les autorités locales. Nuisances sonores, insécurité routière, mise en danger de piétons : les conséquences sont multiples et souvent dramatiques.
À Pont-Sainte-Maxence, la stratégie du “choc” adoptée par la municipalité est un exemple de ce que d’autres collectivités pourraient mettre en place pour endiguer ce fléau. Elle repose sur une combinaison de répression, technologie de vigilance et implication citoyenne. Seul l’avenir dira si cette approche permettra de ramener la sérénité dans les rues de Saultemont et d’autres quartiers de la ville.
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