Une nuit d’émeute explosive à Creil, des objets équivoques, un alibi qui s’effrite, voilà les ingrédients d’un drame citadin que se partagent un jeune de 20 ans et la brigade anticriminalité (BAC). Suite aux événements de l’agitation du soir du 16 au 17 mars, le jeune Creillois a été pris à partie par la police et a subi un sursis d’un an de prison.

Un alibi dérouté et une identification catégorique
Abdelwahab C., le jeune homme de 20 ans en question, aurait pu bénéficier d’une sentence plus clémente s’il avait réussi à prouver sa présence à Pontpoint, corroborée par l’heure marquée par son téléphone portable. Toutefois, quelques minutes avant la fin de l’audience, un message émanant du commissariat de Creil vient contrarier ses plans, précisant l’existence d’une erreur d’une heure liée au fuseau horaire sur toutes les balises de temps du téléphone de l’accusé. Ce qui laisse Abdelwahab C. sans alibi crédible pour l’heure des faits en question.
À part cela, le contexte social du plateau Rouher de Creil de la nuit mouvementée est aussi à considérer. Plusieurs groupes de jeunes parcouraient les rues en réaction aux opérations conduites contre les trafics de stupéfiants dans le secteur, selon le procureur. Cependant, l’avocate d’Abdelwahab C., Maître Anaïs, laisse entendre que l’agitation résulterait de l’incident où deux motards ont été renversés par la police.
Malentendu ou méfait prémédité ?
Le véhicule de la BAC, initialement déployé pour des incendies de poubelles, a été rapidement ciblé par des tirs de mortier. Abdelwahab C., identifié par les fonctionnaires comme ayant porté un objet long ressemblant à un mortier, nie être présent lors de cette attaque explosive contre la police.
Cependant, sa présence sur les lieux de l’émeute est formellement constatée une heure plus tard. Les policiers l’aperçoivent se déplaçant, un talkie-walkie à la main, servant de relais pour avertir d’autres jeunes de la position des agents de la force publique.
C’est dans ce contexte chaotique qu’il est interpellé le lendemain à son domicile et confronté aux quatre membres de la BAC qui maintiennent formellement leur accusation. Les policiers expriment leur désir d’être entendus et demandent justice.
Verdict juridique et conséquences
Rentant en compte des faits, le tribunal reconnaît Abdelwahab C. coupable et le condamne à un sursis d’un an de prison. En plus de cette peine, il doit compenser chacun des quatre policiers à hauteur de 600 euros pour les dommages causés.
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