C’était une image insolite dans le ciel picard : un grand ballon blanc flottant silencieusement au-dessus des communes proches de Rue, les 13 et 14 mai 2025. Derrière cette scène intrigante, se cache une innovation technologique ambitieuse portée par Enedis et la start-up HyLight. Ce dirigeable autonome, destiné à l’inspection des lignes électriques, pourrait bien signer une petite révolution écologique dans le secteur.

Un ballon révolutionnaire au service des réseaux électriques
Les habitants de Saint-Quentin-en-Tourmont et des environs de Rue ont eu la surprise de voir évoluer un dirigeable autonome dans leur ciel. Conçu par la start-up française HyLight, cet impressionnant drone de 13 mètres de long utilise de l’hélium pour se maintenir en l’air. Le ballon a été testé dans le cadre d’une expérimentation menée en partenariat avec Enedis, acteur majeur de la distribution d’énergie en France.
L’objectif est clair : remplacer progressivement les hélicoptères, traditionnellement utilisés pour contrôler les 7 000 kilomètres de lignes électriques de moyenne tension en Picardie. Et les avantages sont nombreux.
Une alternative écologique aux hélicoptères
Cette innovation technologique s’inscrit dans une démarche environnementale. Josef Rokusek, cofondateur de HyLight, résume avec évidence : « Les hélicoptères sont chers, bruyants et produisent plus de CO2. » Avec le ballon dirigeable, l’impact écologique est considérablement réduit.
Audrey Boissonnot, chargée de communication chez Enedis, insiste également sur les bénéfices environnementaux : « Pour un coût équivalent à celui d’un hélicoptère, cet appareil émet 600 fois moins de CO2. »
Des données d’une précision inégalée
Équipé de capteurs de pointe, dont un système de scan 3D et des caméras haute résolution, le drone dirigeable peut voler à seulement 30 mètres du sol, bien plus bas qu’un hélicoptère. « Cette hauteur nous permet d’obtenir des images d’une précision remarquable, capables de détecter les moindres défauts sur les lignes ou d’identifier la végétation à élaguer », explique Josef Rokusek.
Lors de ce premier test, le ballon a inspecté 20 kilomètres de ligne en seulement 1h30, tout en consommant à peine la moitié de l’énergie de sa batterie. Actuellement, l’engin peut fonctionner jusqu’à six heures, selon qu’il soit alimenté par des batteries ou de l’hydrogène. De plus, il effectue ses missions semi-autonomes grâce à une programmation GPS, tout en étant surveillé par un opérateur au sol.
Une première étape prometteuse
Ce projet reste en phase de test, mais les résultats sont encourageants. Si ce type d’appareil venait à s’imposer, il compléterait et allégerait le dispositif d’Enedis pour la surveillance des infrastructures électriques. Déjà expérimenté dans le Pas-de-Calais en 2024, il suscite de forts espoirs dans le secteur.
Pour Louis Cadar de HyLight, le dirigeable représente l’avenir : « C’est un drone qui vole lentement, mais longtemps, ce qui nous offre une qualité d’information inédite. » En plus d’être écologique et performant, il pourrait améliorer la gestion des réseaux électriques à long terme.
Une innovation dans le ciel de demain
Ce grand ballon blanc, flottant doucement dans l’air picard, est bien plus qu’un outil : c’est le symbole d’une avancée technologique et écologique. Grâce à cette innovation, la Picardie se positionne comme un territoire de transition vers des solutions durables et respectueuses de l’environnement. Les prochaines phases de test confirmeront si ce drone dirigeable a le potentiel de transformer en profondeur la maintenance des réseaux électriques.
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