tribunal de beauvais oise

Trafic de stupéfiants dans l’Oise : des condamnations lourdes en exemple

Une affaire marquante délibérée à Beauvais : comment un réseau de trafiquants a été démantelé et lourdement sanctionné. Retour sur les faits et les acteurs-clés.

Dans l’ombre des rues du quartier de la Nacre à Méru, l’activité d’un réseau de trafic de stupéfiants prospérait jusqu’en novembre 2024. Le tribunal de Beauvais, qui rendait son verdict ce mercredi 23 juillet 2025, a frappé fort avec des condamnations allant jusqu’à 7 ans de prison pour démanteler ce qu’il qualifie de point de deal « historique ». Une audience qui illustre la face sombre d’un quartier gangréné par un trafic organisé de cannabis et de cocaïne, mais aussi un jugement critiqué pour ses lourdeurs pénales. Focus.

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Le réseau de Méru : comment tout a commencé

C’est au terme d’une longue enquête débutée en novembre 2024 par les forces de l’ordre que ce réseau organisé, structuré autour de lieux clés du quartier de la Nacre, a été mis à jour. Avec un chiffre d’affaires estimé entre 300 et 350 euros par jour, certes modeste mais stable, le trafic alimentait une clientèle locale régulière. Cependant, l’affaire comportait bien plus que des transactions : violence, pressions et représailles se mêlaient à ce commerce illicite.

Parmi les protagonistes principauxPapa Konte, 27 ans, est désigné par les enquêteurs comme le cerveau du réseau, opérant depuis sa cellule de la prison de Liancourt. À ses côtés, Amara Soukouna assurait la logistique au quotidien, tandis que d’autres protagonistes jouaient des rôles secondaires, comme les livraisons.

Des preuves accablantes et des zones floues

La complexité du dossier réside dans les nombreuses preuves technologiques. L’exploitation des écoutes téléphoniques, jusqu’aux canaux de communication cryptés comme Telegram et Snapchat, a permis d’ancrer le rôle de chaque prévenu. Malgré le déni initial de Papa Konte, plusieurs téléphones portables ont été retrouvés dans sa cellule, même le matin du procès. Sur l’un d’eux, la police a découvert des photos de drogue, des tarifs, et des conversations incriminantes sur les livraisons. De plus, des témoignages de 12 consommateurs et des images de vidéosurveillance ont achevé de convaincre les juges.

Cependant, les avocats de la défense dénoncent des irrégularités dans le dossier de 7 000 pages : erreurs de transcription, lacunes dans l’attribution des surnoms, et absence de saisies significatives. Les avocats pointent par ailleurs une disproportion entre l’activité modeste du point de deal et les moyens judiciaires déployés pour son démantèlement.

Des condamnations exemplaires

Malgré les débats, le tribunal a prononcé des peines sévères et qualifiées « d’exemple » par plusieurs avocats :

  • Papa Konte : 7 ans de prison ferme et 15.000 euros d’amende.
  • Amara Soukouna : 5 ans de prison ferme et 10.000 euros d’amende.
  • Abdallah Hussien (absent au procès) : 30 mois, dont 18 avec sursis, et 5.000 euros d’amende.
  • Sofian Lalimi-Biroud : 24 mois, dont 12 avec sursis, et 2.000 euros d’amende.

Par ailleurs, tous les prévenus se voient interdire de séjourner dans l’Oise pendant 5 ans, sauf Sofian, qui devra s’éloigner de Méru pour une durée de 2 ans. Ces condamnations charrient un message fort envoyé par la justice. Néanmoins, les avocats ont d’ores et déjà annoncé leur intention de faire appel, dénonçant la sévérité inhabituelle pour un tel dossier : « En région parisienne, les peines ne seraient jamais aussi lourdes », souligne l’un d’eux.

Une affaire marquée par le poids des violences

Ce procès a aussi rappelé l’impact social et humain du trafic sur le quartier. Entre les agressions, la rivalité entre groupes et la présence d’armes évoquée dans les discussions téléphoniques, la tension régnait parmi les habitants de la NacrePapa Konte, également victime d’une agression au couteau en mars 2025, a perdu l’usage de sa main droite, un acte qu’il attribue à des différends personnels. Pour certains prévenus, toutefois, le trafic semblait plutôt être une issue pour solder des dettes, comme le suggère l’ironie de Djibril Sackoné : « Si on m’avait donné de la levure, je l’aurais vendue. »

Une justice sur la sellette

En condamnant sévèrement ce réseau, le tribunal de Beauvais entend faire passer un message dissuasif dans une région éloignée des grandes zones urbaines. Mais cette décision soulève des interrogations sur la gestion biaisée des petits trafics par rapport à d’autres contextes géographiques et sociaux. Pourtant, une chose reste certaine : après plusieurs années de perturbations dans la Nacre, Méru pourrait redevenir un quartier plus apaisé, à condition d’adresser les problèmes sociaux sous-jacents.

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Jacques Durocher

Jacques Durocher, Journaliste indépendant ! Habitant de l'Oise, je m'intéresse à l'actualité Isariennes et partage mes articles sur différents médias numérique et sur mon propre blog où j tente de répondre aux interrogations des français !

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