Longtemps toléré malgré son âge, le pont Saint-Ladre s’est imposé comme un point de tension pour les usagers. Chaque jour, environ 6 000 véhicules l’empruntent encore, alors même que des signes de vieillissement ont conduit à l’interdiction des poids lourds de plus de 3,5 tonnes depuis 2018.
Dans les rues alentour, la crainte s’est installée : l’ouvrage, jugé affaibli, concentre les préoccupations de sécurité et de continuité urbaine, puisqu’il relie deux secteurs essentiels de la commune.

12 millions d’euros et des négociations difficiles avec SNCF Réseau
Le chantier est chiffré à 12 millions d’euros TTC, une enveloppe que le Département de l’Oise annonce prendre intégralement à sa charge, après de longues discussions avec SNCF Réseau.
Le dossier illustre un débat plus large : celui du financement des ouvrages franchissant le rail, dans un contexte où de nombreux ponts approchent désormais des âges critiques.
La Ville de Crépy-en-Valois contribuera, elle, à hauteur de 600 000 euros TTC, spécifiquement pour les aménagements cyclables.
« Point noir » : la maire salue un dossier enfin débloqué
La maire Virginie Douat assume un soulagement politique et pratique : selon elle, le pont Saint-Ladre était devenu un « point noir ». Elle met en avant l’importance de cet axe pour la vie quotidienne et se félicite que des accords aient été trouvés avec la SNCF pour permettre une reconstruction attendue depuis des années.
Fermeture totale et déviations : ce qui change à partir du 30 mars 2026
Le pont sera totalement fermé à la circulation du 30 mars 2026 au 31 août 2027. Cette coupure longue implique des déviations pour les véhicules légers comme pour les itinéraires plus contraints (trafic utilitaire, dessertes locales), avec un impact attendu sur les temps de trajet et l’organisation des déplacements dans la commune.
Le calendrier officiel des travaux (2026-2027)
Démolition : du 30 mars au 7 août 2026
Dès le 30 mars 2026, le chantier entre en phase préparatoire : installation des bases, terrassements, dispositifs liés au contexte ferroviaire.
Le directeur général adjoint du Département, Lyonel Bossier, détaille les opérations techniques attendues (fondations pour grues, retrait d’équipements, travaux préparatoires).
Le moment le plus spectaculaire — et le plus sensible en matière de nuisances — est prévu sur une fenêtre continue :
- du 10 juillet au soir au 15 juillet au matin : phase principale de démolition, avec engins lourds et nuisances sonores annoncées.
Reconstruction : du 10 août 2026 au 31 août 2027
La seconde étape, la plus longue, comprendra :
- réalisation des fondations et des appuis,
- pose de la charpente,
- mise en place du tablier (dalles),
- finitions et aménagements.
En janvier 2027, des interruptions ferroviaires nocturnes seront nécessaires pour la pose du tablier, une séquence technique lourde (coffrage, ferraillage, bétonnage). La conduite du chantier sera assurée par un groupement d’entreprises mené par Bouygues.
Un chantier local, un signal pour les ponts vieillissants de l’Oise
Au-delà de Crépy-en-Valois, le dossier du pont Saint-Ladre sert d’avertissement : de nombreux ouvrages d’art du département approchent des seuils d’usure qui imposent, tôt ou tard, des reconstructions coûteuses. Ici, la décision est prise : l’ancien pont ne verra pas ses 100 ans — et la ville devra vivre près d’un an et demi au rythme des déviations avant de retrouver un franchissement neuf.
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