Une vaste opération menée par les gendarmes de l’Oise a mis fin à un réseau structuré de vol et de revente de véhicules opérant entre les Hauts-de-France et l’Île-de-France. Au cœur de l’enquête : une organisation rodée, des garages complices, des voitures de marques françaises ciblées et un préjudice évalué à près d’un million d’euros.

Une enquête déclenchée par une piste numérique
Tout commence en juillet dernier, à partir d’un renseignement : selon un communiqué de la gendarmerie nationale, un compte sur une application gratuite de partage de photos et de vidéos servait à coordonner des vols de véhicules, particulièrement dans le département de l’Oise, l’un des territoires les plus touchés.
Les investigations vont ensuite mettre au jour une mécanique criminelle organisée, capable de frapper vite et de faire disparaître les voitures dans des circuits parallèles.
Une organisation hiérarchisée, des rôles bien définis
Les enquêteurs décrivent un groupe articulé autour d’un « noyau fixe de malfaiteurs », avec :
- une tête de réseau,
- un responsable opérationnel chargé de planifier les vols et les reventes,
- un membre dédié au démontage et à l’écoulement des pièces détachées,
- et des exécutants recrutés pour commettre les vols.
Le réseau aurait également bénéficié de la complicité de garages automobiles et d’un site de stockage intermédiaire, utilisé comme zone tampon avant la revente ou le démontage.
Au total, près de quarante vols ou tentatives ont été recensés.
Des voitures françaises ciblées et des outils électroniques pour les ouvrir
Les véhicules visés étaient principalement des Citroën, Renault et Peugeot. Pour les subtiliser, les auteurs utilisaient du matériel électronique spécialisé, capable d’ouvrir les voitures sans effraction visible — une méthode devenue emblématique des vols « propres » qui compliquent le travail des victimes comme des assureurs.
Deux filières de revente : maquillage ou démontage
D’après la gendarmerie, les voitures volées étaient écoulées via deux circuits distincts :
- Le maquillage, puis le réacheminement sur le territoire national, notamment pour servir à d’autres infractions.
- Le démontage, avec revente en pièces détachées, en particulier via une plateforme d’annonces entre particuliers en ligne.
Un schéma qui illustre la rentabilité du marché des pièces, où la traçabilité devient plus difficile dès que le véhicule est désossé.
Dix gardes à vue, trois prévenus attendus au tribunal
L’opération judiciaire a conduit à l’interpellation de dix suspects, placés en garde à vue. À l’issue de la procédure, trois d’entre eux ont été déférés au parquet : ils doivent être jugés le 4 mai 2026. En attendant, le parquet de Senlis a requis leur placement en détention provisoire.
Une saisie massive lors des perquisitions
Les gendarmes ont mis la main sur un arsenal logistique et financier qui, selon les enquêteurs, confirme le niveau d’organisation du réseau. Ont notamment été saisis :
- six véhicules utilisés pour commettre les vols, dont une dépanneuse,
- 21 téléphones, trois ordinateurs,
- plus de 25 000 euros en liquide,
- une Clio volée,
- huit moteurs et de nombreuses pièces détachées,
- du matériel électronique utilisé pour les vols.
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