Alors que la rentrée scolaire 2026 approche, une onde de choc traverse les salles des professeurs des Hauts-de-France. Le président Emmanuel Macron a officiellement promulgué la loi visant à interdire les téléphones portables au sein des lycées. De Beauvais à Amiens en passant par Saint-Quentin, chefs d’établissements et parents d’élèves s’interrogent : les lycées picards sont-ils prêts pour ce changement radical ?

Un calendrier sous haute tension pour les lycées picards
L’annonce est tombée comme un couperet à quelques jours de la reprise des cours. Malgré la censure partielle du Conseil constitutionnel concernant les réseaux sociaux, le gouvernement maintient le cap sur l’interdiction des terminaux mobiles au sein des lycées. Si la mesure se veut protectrice pour la concentration des jeunes élèves, sa mise en œuvre concrète sur le terrain reste une équation complexe à résoudre pour les proviseurs de Picardie.
Un casse-tête juridique et logistique
Interrogé par Le Courrier Picard, François Resnais, secrétaire national du SNPDEN-UNSA, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, le « timing » est particulièrement délicat. Pour rendre cette interdiction effective, chaque établissement doit impérativement modifier son règlement intérieur via un conseil d’administration. Or, la fermeture administrative des lycées durant la période estivale a rendu cette procédure administrative quasi impossible avant le premier jour de classe.

« Les établissements attaquent une année dans laquelle la règle n’est pas écrite », souligne François Resnais. En Picardie, de nombreux proviseurs se retrouvent donc face à un vide juridique, contraints de jongler entre les directives nationales et la réalité pratique de la gestion des élèves.
L’avenir des réseaux sociaux : une réflexion relancée
Si le volet sur les téléphones semble acté, la question des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, censurée par les sages de la rue de Montpensier, reste un dossier ouvert. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a été missionné par l’Élysée pour retravailler une mouture plus conforme aux exigences constitutionnelles. Pour les familles picardes, l’objectif affiché demeure une protection accrue des mineurs contre les dérives numériques d’ici le printemps prochain.
En attendant, les lycéens de l’Aisne, de l’Oise et de la Somme devront sans doute s’adapter à une rentrée placée sous le signe d’une discipline renforcée, dans l’attente de consignes plus précises émanant du rectorat.
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