Une atmosphère de vive tension a submergé Margny-lès-Compiègne ce mercredi 26 août. Dans la foulée des funérailles de Paul Tancre, décédé après un refus d’obtempérer, une cinquantaine d’individus vêtus de noir ont mené un raid destructeur dans les rues de la commune de l’Oise, laissant derrière eux des flammes, des commerces dévastés et un profond sentiment de sidération.
Le calme habituel des rues de Margny-lès-Compiègne, commune limitrophe de Compiègne dans l’Oise, a volé en éclats ce mercredi 26 août. Juste après les obsèques de Paul Tancre, célébrées au cimetière local, une vague de violences a soudainement déferlé sur la ville. Selon des témoignages recueillis sur place par nos confrères d’Oise Hebdo, près d’une cinquantaine de personnes ont semé le chaos sur leur passage.

Une onde de choc après un drame de la route
L’origine de cet embrasement remonte à la nuit du vendredi 21 au samedi 22 août. Peu après minuit, Paul Tancre, un père de famille de 41 ans issu de la communauté des gens du voyage de Bienville-Coudun, circulait sans permis de conduire à bord de son véhicule lorsqu’il a refusé de s’arrêter lors d’un contrôle de la police municipale de Margny-lès-Compiègne.
Pris en chasse, le conducteur a perdu le contrôle de sa voiture à l’entrée de Bienville avant d’être éjecté. Si le policier municipal au volant a été rapidement mis en examen pour homicide routier, la famille du défunt conteste la version officielle et accuse les agents d’avoir provoqué l’accident fatal.
Un cortège de destructions en plein centre-ville
À l’issue de l’inhumation, un groupe déterminé s’est lancé dans une expédition punitive le long de la rue de Verdun, de la rue Louis-Barthou et de l’avenue Octave-Butin. Deux véhicules utilitaires ont été la proie des flammes, provoquant un début d’incendie sur la façade du centre de télécommunications Orange.
Sur leur parcours, les assaillants ont brisé de nombreux pare-brise, arraché des panneaux de signalisation, démoli un abribus et brisé les vitrines de l’agence du Crédit Agricole. Le bureau de La Poste a été particulièrement ravagé, ses baies vitrées ayant été entièrement pulvérisées tandis que des documents administratifs jonchaient le trottoir.
Une vive colère et un important dispositif policier
Interrogée par téléphone, la fille de Paul Tancre n’a pas masqué le ressentiment qui anime ses proches. Revendiquant une immense douleur, elle a prévenu que sa famille réclamait une justice immédiate, affirmant que ces événements n’étaient que l’expression d’un ras-le-bol profond face à la disparition de son père.
En fin d’après-midi, d’importants renforts de CRS ont été déployés pour sécuriser le secteur et figer la scène. Les spécialistes de la police technique et scientifique ont procédé à de nombreux relevés d’empreintes et constatations balistiques afin d’identifier les auteurs de ces saccages, alors qu’une surveillance renforcée reste maintenue sur l’agglomération compiégnoise.
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